♦ Les Années 1970.1 ♦
Quelques années dans le Nord, à Amiens...
« Des souvenirs parfois très précis, d'autres enfouis depuis longtemps... des années qui ont construit une partie de mon histoire, entre famille, école, travail de mes parents et petits morceaux de bonheur. »
♦ Un changement radical de vie ♦
Nous quittions le milieu de la boucherie-charcuterie, une profession que mes parents et grands-parents exerçaient de génération en génération, pour une tout autre aventure. Je situe aujourd’hui notre départ vers 1972-1973, l’année où mes parents prennent la décision de quitter Vernouillet et même la région parisienne.
Cette décision était d’ailleurs directement liée à la fermeture annoncée des Halles, où mon père allait s’approvisionner pour notre boucherie. Mes parents ont donc préféré vendre le commerce avant l’ouverture du marché de Rungis, et mon père ne s'y sera jamais approvisionné, préférant les Halles de la Villette. Ce départ marquait la fin d'une première période de mon enfance.
Pourtant, ce grand saut ne fut pas simple. Mon père était très réticent à l'idée d'aller s'installer dans le Nord. Il avait déjà refusé plusieurs fois les propositions des agents immobiliers, préférant explorer les Alpes, la Côte d'Azur ou d'autres régions plus ensoleillées.
Mais, lassée de ne rien trouver, ma mère finit par le convaincre :
« On ne trouve rien, allons-y, cela ne nous engage à rien. »
Ce fut le déclic. À peine arrivés à Amiens, mon père se retrouve sur la place Alphonse Fiquet, face à la gare. Sans même savoir où se situait précisément le café en question, il contemple la place, s'imprègne de l'agitation, et lance soudain :
« Je veux être là. »
Ce fut un véritable saut dans l'inconnu, et pourtant, il avait trouvé son point d'ancrage.
♦ Le Penalty — le café sportif ♦
Sur la photo, on distingue l'appartement du dessus, dont ma chambre donnait sur l'arrière. Au rez-de-chaussée se trouvait « LE PENALTY », le café que mes parents ont acheté vers 1971-1972. Ils en firent un café sportif, rythmé par les résultats diffusés en direct. Situé à la sortie des gares SNCF et routière, il ouvrait dès l'aube pour fermer tard dans la nuit. Mes parents travaillaient avec des gérants, dont mon oncle Michel Parquet et sa femme Françoise, mais le roulement était constant pour tenir cette amplitude de 6 h à 4 h du matin.
Dans ce tourbillon, je ne voyais mes parents qu’une ou deux heures par jour. Quand je me levais, ils dormaient. À l’école « La Sainte Famille », je passais mes journées entre les cours, la cantine et l’étude. Le soir, je les retrouvais brièvement — le temps de jouer à la barmaid ou de finir mes devoirs — avant de monter me coucher.
♦ L'école et mes journées à Amiens ♦
Je suis inscrite à l'École « La Sainte Famille » .Je suis en primaire, peut-être avec le calcul en classe de CM1/CM2, impossible de me souvenir. Je fais de la danse rythmique avec une jupette avec des carreaux vichy rouge et blanc.
Ensuite, je poursuis ma scolarité au collège, de la 6e jusqu'à la 4e.
Le midi, je mange à la cantine et, après les cours, je vais en classe d'étude. Je rentre, c'est l'heure de se mettre à table, vers 18 h 30, avant l'affluence dans le café. Je passe un peu de temps avec eux, soit à jouer à la barmaid, soit à finir mes devoirs, puis je monte à l'appartement.
Voilà comment se passaient mes journées... !!!
♦ Les jours sans école ♦
À l'époque, on ne va pas à l'école le jeudi, donc je profite un peu d'eux à ce moment-là.
Je me souviens qu'ils m'ont emmenée une fois, ou peut-être plus, au Touquet, manger dans un restaurant chic...ET OUI... ils ont la FOLIE DES GRANDEURS. Suivant l'avancée de mon histoire ici, je vous en dirai peut-être plus au fil du temps.
Puis le mercredi devient notre jour de repos. Est-ce que cela a été le cas pour eux ? Là, c'est un trou noir !!
♦ Les petits souvenirs qui reviennent ♦
D'autres souvenirs enfouis en moi, que j'arrive à me remémorer, qu'ils soient bons ou mauvais...
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La patinoire : J'y allais souvent, entre copines ou en solitaire, avec un petit faible pour un garçon prénommé Jean-Michel... qui ne me remarquait jamais ! Je garde en mémoire, comme un clin d'œil du destin, le son de la chanson Michèle de Gérard Lenorman qui passait inlassablement dans les haut-parleurs.
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La ferveur stéphanoise : C'était l'époque de la grande équipe de l'AS Saint-Étienne. Nous étions toutes fans et, pour afficher notre soutien, nous n'hésitions pas à inscrire au dos de nos blouses d'écolier bleu marine les noms de nos héros : Rocheteau, Barthélemy ou Larqué. On écrivait leurs noms partout !
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La télévision : Le samedi après-midi était sacré. J'attendais La Une est à vous avec Bernard Golay, le ventriloque David Michel et son pingouin Nestor.
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Mes cours d'anglais : J'ai eu droit à des cours particuliers, mais avouons-le, sans grand succès... je ne parle toujours pas anglais aujourd'hui !
♦ La télévision : de l'enfance à mes rendez-vous d'adolescente ♦
La télévision a été le miroir de ma croissance. Petite fille, je n'en voyais que de brèves images avant l'heure du coucher ; puis, avec mon arrivée à Amiens dans les années 1970, ces moments sont passés d'un simple rituel familial à mes premiers rendez-vous personnels.
♦ Lucifer, devenu Luc : un chien de défense à double tranchant ♦
Lucifer, dit « Luc », était notre Doberman majestueux. Un jour, alors qu’il courait à côté de la voiture, À quoi a-t-il pensé ?
« Il m'abandonne ! »
Un terrible accident arriva : mon père lui roula sur le museau. Le diagnostic tombe : museau cassé dans le sens de la longueur. Il a perdu un croc.Opéré, sauvé par une broche, il s'en remit vite.
Mon père l'emmène à des cours de dressage. Pourquoi ? Pour le café, vu les heures d'ouverture, il y a parfois des soucis avec la clientèle. C'est pour dissuader, mais aussi pour nous défendre en cas d'agressions.
Mais cela sera à double tranchant... Un jour, mon père me met une gifle. Et cela n'a pas été la seule, avant ou après. Qu'est-ce que j'avais fait ? Je ne m'en souviens pas... !!!
Luc m'a défendue. Me croyant attaquée, il a mordu mon père sur le côté du torse. Il n'a rien senti. Il ne l'a pas corrigé car il avait fait son travail. Il était dressé pour la défense, de manière générale : un chien de défense est un animal spécialement éduqué pour défendre son maître ou son foyer lorsqu'il est attaqué.
♦ Ma Communion Solennelle ♦
Ma Communion Solennelle, donc en 1974, à 12 ans. Et là, on fait les choses en grand... ou pas ! Car deux de mes grands-parents ne peuvent pas se voir. Donc : deux repas !
- le premier à Amiens ;
- le second à Saint-Germain-en-Laye, au Camp des Loges, dans le restaurant Le Cazaudehore.
Je reçois des cadeaux pour l'occasion, mon premier tourne-disque, pour écouter mes 45 tours que je renouvelais sans cesse, grâce au Juke-box du café et cette fameuse pendule quatre cents jours...qui nous donnera des sueurs froides, à mes parents et moi !
♦ L'accident de la pendule ♦
Un jour, en ouvrant mon secrétaire, cette fameuse pendule glisse et le globe en verre se casse sur mon poignet gauche. Ce qui m'entaille.
Sans m'affoler, je vais voir ma mère et lui dis :
« Je me suis coupée. »
Quand elle voit la coupure, béante, d'au moins trois ou quatre centimètres de long et assez profonde, elle m'entoure le poignet d'une serviette de toilette et appelle mon père.
Il prend la décision de m'emmener dans une clinique qui se trouve à proximité de l'appartement.
Là, on lui dit :
« Nous ne pouvons pas la recoudre comme ça. Il faut l'examiner, vu que c'est du verre qui l'a coupée : il y a peut-être des morceaux à l'intérieur ! »
Nous nous rendons donc à l'adresse qu'elle nous a donnée. C'est une clinique spécialisée dans tout ce qui concerne les membres.
Un chirurgien examine ma plaie et nous dit :
« Direction bloc opératoire, car il y a urgence. »
Je suis anesthésiée localement. On doit ligaturer un nerf complet et un tendon qui a été touché, sinon je risque de perdre une partie de l'usage de ma main.
Voilà, le verdict est tombé...
L'infirmière me rassure et me soutient, car je dérouille malgré l'anesthésie...
Et pour finir, je dois porter un plâtre pendant un mois, en bandoulière, pour immobiliser mon poignet.
La nuit, mon bras est fixé à un manche à balai à la tête du lit pour ne pas le déplier.
Au total, cela aura duré un mois et demi : après le plâtre, une attelle, puis la rééducation.
Elle sera de courte durée, vu le beau travail du chirurgien. Il m'avait sauvé ma main.
Aujourd'hui, cette cicatrice est toujours visible. Je peux encore ressentir des douleurs suivant le temps.
♦ D'autres souvenirs de ces années ♦
- J'attrape la rougeole, et elle est très forte. Au dire du médecin, c'est un cas clinique à montrer à des internes.
- Je suis examinée car j'ai une grosseur à la poitrine. On décèlera un kyste, à surveiller. Il n'y aura pas de suite. Après toutes ces années, je n'ai jamais eu d'autres soucis de ce côté-là.
- Avec le rythme de travail de mes parents, les soucis et la fatigue, la santé de ma mère va mal. Déprime qui ira jusqu'à une dépression nerveuse, faits que j'ai entendus. Elle dort toute la journée, elle se tape la tête partout...
♦ Un voyage en Turquie ♦
J'aurais la chance de faire un voyage organisé avec mes parents : le seul en Turquie. Je pense que c'était pendant l'année 1974. Avant, ils en avaient déjà fait plusieurs : les Canaries, les Baléares et la Grèce.
De ce voyage en Turquie, je garderai de bons et de mauvais souvenirs...Je raconterai plus en détail cette escapade dans un prochain carnet de voyage, car certains lieux visités sont encore bien présents dans mes souvenirs.
♦ Mes grands-parents arrivent à Amiens ♦
Mes grands-parents, qui vivaient en Dordogne, à Thiviers, arrivent dans mes souvenirs comme une véritable parenthèse de paix.
Cette maison était pour moi un havre de paix. Je disais :
« Quand je serai grande, je vivrai dans cette maison, j'aurai beaucoup d'enfants et je me marierai avec Michel. »
Michel était un apprenti boucher chez mes parents à Vernouillet (78).
Mes grands-parents viennent habiter dans un appartement à Amiens. Est-ce pour aider mon père ? Pour s'occuper de moi ? Je passe du temps avec eux quand je ne suis pas à l'école.
Ensuite, sûrement à cause du temps lors des saisons d'hiver, ils achètent un appartement sur la Côte d'Azur pour y passer plusieurs mois de l'année.
Ensuite, ils partiront définitivement à Mandelieu, dans cette résidence appelée « Le Capitou ».
J'y passerai quelques vacances scolaires jusqu'aux vacances de Pâques 1976, où mes parents appelleront pour nous annoncer qu'ils ont vendu « Le Penalty » d'Amiens.
Mes parents nous rejoindront. Je laisserai derrière moi encore des souvenirs qui s'estomperont avec le temps...
♦ Une page se tourne ♦
Nous partons pour une courte période de vie sur la Côte d'Azur, pour que mes parents se reposent et profitent de la vie qu'ils n'ont pas eue pendant qu'ils travaillaient à Amiens.
Et moi... quelle vie, j'ai eue ?
♦ La Tour Perret ♦
La Tour Perret est conçue par l'architecte Auguste Perret , en 1942, dans le cadre du projet de reconstruction de la place Alphonse-Fiquet et de la gare d'Amiens , à la suite des destructions massives du début de la Seconde Guerre mondiale.
Les travaux furent menés par l'entreprise Perret-Frères, dont les associés sont Auguste, Gustave et Claude, qui travaille en collaboration avec l'entreprise Bouvet d'Arras.
♦ Un exploit technologique ♦
La tour constitua à l'époque un exploit quant à l'utilisation du béton armé.
Il s'agit du premier immeuble français en béton de plus de 100 mètres de hauteur.
Elle est considérée à sa construction comme le « premier gratte-ciel français ».
Initialement haute de 104 mètres et 30 étages, elle est surélevée à 110 mètres au début du XXIe siècle.
Elle est également nettoyée et dotée d'un « sablier de lumière » conçu par Thierry van de Wingaert en 2005.
Elle fut longtemps le plus haut gratte-ciel d'Europe de l'Ouest.
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Auguste Perret, né à Ixelles (Belgique) le 12 février 1874 et mort à Paris le 25 février 1954, est un architecte français qui fut l'un des premiers techniciens spécialistes du béton armé.
Lire la suite sur Auguste Perret
♦ Les Années 1970.2 ♦
Après quelques années dans le Nord, une nouvelle vie commence sur la Côte d'Azur...