Triangle gauche

Entre Des Vagues de Paperolles & Des Mots qui se rencontrent,

La Créativité s'épanouit en Lumière

Triangle droit
Bannière paperolles
Darn Lec'h All | Carnets & Créations Un voyage entre créations, carnets et émotions

Mémoire #0 : De ma naissance à MevLy Créations

Mémoire #0 De ma Naissance à MevLy Créations

membre-fondateur Par Le 15/08/2026 à 20:56 0

Dans Revues de Presse & Mémoires

Cv7 3 memoire 0 0✦ De ma Naissance à MevLy Créations

Les fragments d'une vie qui ont peu à peu construit une créatrice

♦ ♦ ♦

Il y a des vies qui se racontent comme une ligne droite. La mienne ressemble davantage à un carnet rempli de souvenirs, de lieux, de rencontres, de changements et de petits morceaux de vie.

Ces Mémoires sont une invitation à revenir sur ce chemin, depuis ma naissance en 1962 jusqu'à celle de MevLy Créations. Certains souvenirs sont précis, d'autres ne sont encore que des bribes, des images ou des questions auxquelles mes recherches permettront peut-être un jour de répondre.

 

♦ 1962 — L'année de ma naissance ♦

Le commencement d'une histoire...

« Une année de naissance n'est pas seulement une date. C'est le début d'une histoire qui s'inscrit dans une époque. »

♦ Un dimanche d'hiver à Paris ♦

Je suis née un dimanche d'hiver 1962, dans cette belle ville de Paris, au 6 rue Giordano-Bruno, dans le 14e arrondissement.

Cette adresse n'est pas tout à fait anodine. Elle porte le nom d'un personnage dont l'histoire mérite que l'on s'y arrête un instant.

♦ La rue Giordano-Bruno ♦

Un arrêté du 10 novembre 1885 donna à la rue Latérale au chemin de fer de ceinture le nom du philosophe italien Giordano Bruno, né à Nola en janvier 1548 et mort à Rome le 17 février 1600.

Philosophe, penseur et religieux dominicain, Giordano Bruno défendit des idées qui entraient en contradiction avec certains dogmes de son époque. Condamné pour hérésie, il fut brûlé à Rome en 1600.

La rue qui porte aujourd'hui son nom se trouve dans le quartier de Plaisance, dans le 14e arrondissement de Paris.

Ainsi, avant même de connaître l'histoire de cette adresse, je savais simplement que j'étais née dans une rue portant le nom d'un homme dont la pensée avait traversé les siècles.

Mais l'histoire de ma naissance réserve déjà un petit détail qui m'interpelle...

♦ Une naissance, quelques questions ♦

Ma naissance a été déclarée le 31 janvier par un employé du lieu auprès de l'officier de l'état civil de la mairie du 14e arrondissement.

À la lecture de ce document, une question apparaît naturellement : mon père n'était donc pas présent au moment de ma naissance ?

Pourtant, mes parents résidaient alors à Montrouge, dans le département de la Seine, devenu aujourd'hui les Hauts-de-Seine (92).

Peut-être était-il simplement au travail ce jour-là ? De mémoire, mon père travaillait dans la boucherie de mes grands-parents. Il me faudra cependant retrouver les informations précises dans mes recherches généalogiques pour pouvoir le confirmer.

Une nouvelle piste à suivre dans  Mes Racines familiales...

♦ 1962 — Une année entre histoire, création et changements ♦

L'année 1962 ne fut pas seulement celle de ma naissance. C'était aussi une année charnière, marquée par de grands changements en France et dans le monde.

Alors que je venais au monde à Paris, l'époque était en pleine transformation. L'histoire, la culture, les voyages, la mode et les arts allaient progressivement dessiner le monde dans lequel j'allais grandir.

♦ Une année qui marque la fin d'une époque ♦

L'année 1962 est profondément marquée par la fin de la guerre d'Algérie. Les accords d'Évian sont signés le 18 mars 1962, ouvrant la voie au cessez-le-feu puis à l'indépendance de l'Algérie, proclamée le 3 juillet.

Cette période provoque d'importants bouleversements et le rapatriement massif de populations vers la France. C'est donc dans une France qui sort d'une période particulièrement mouvementée que je suis née.

♦ Le France prend la mer ♦

Quelques jours seulement avant ma naissance, un autre événement fait rêver la France. Du 19 au 27 janvier 1962, le paquebot France effectue son voyage inaugural au départ du Havre vers les Canaries.

Véritable symbole du savoir-faire français, le paquebot France représente alors le prestige, l'élégance et la modernité. Au cours de son voyage inaugural, il croise dans le golfe de Gascogne le vieux paquebot Liberté, qui se dirige vers les chantiers de La Spezia pour y être démantelé.

Deux navires, deux destins, comme une image symbolique d'une époque qui s'achève tandis qu'une autre commence.

♦ L'art et la mode entrent dans une nouvelle ère ♦

Le 29 janvier 1962, le lendemain de ma naissance, un jeune créateur présente sa toute première collection. Il s'agit de Yves Saint Laurent.

Ce premier défilé marque le début d'une aventure qui allait profondément transformer la haute couture française. La mode devient peu à peu un espace de liberté, de création et d'expression personnelle.

♦ Préserver le patrimoine ♦

Le 4 août 1962, la loi Malraux vient renforcer la protection du patrimoine architectural et historique. Elle témoigne d'une volonté nouvelle de préserver les quartiers anciens et les traces du passé, tout en accompagnant la modernisation des villes.

Une idée qui trouve encore aujourd'hui une résonance particulière dans mon propre parcours : regarder ce qui existe déjà, lui donner une nouvelle valeur et parfois une nouvelle vie.

♦ Quand la création rencontre le voyage ♦

À la fin de cette année 1962, le paquebot France est à nouveau au cœur de l'actualité. Le 14 décembre 1962, il transporte la Joconde vers les États-Unis, où le célèbre tableau de Léonard de Vinci doit être présenté au public américain.

L'œuvre de Léonard de Vinci devient alors l'ambassadrice d'une France qui voyage et partage son patrimoine culturel au-delà de ses frontières.

♦ Et pendant ce temps... je venais au monde ♦

C'est dans cette France en pleine transformation que commence mon histoire. Une France qui regarde vers la modernité, qui voyage, qui crée, qui protège son patrimoine et qui voit apparaître de nouvelles façons de s'exprimer.

Je ne pouvais évidemment pas savoir tout cela en venant au monde. Pourtant, avec le recul, certains de ces thèmes résonnent étrangement avec ce qui allait devenir une partie de mon propre chemin :

la création, les matières, le patrimoine, les voyages,
les souvenirs et cette envie de donner une nouvelle vie à ce qui existe déjà.

Sources et pistes de recherche :
Histoire de la rue Giordano-Bruno — Wikipédia
Histoire de Montrouge — Ville de Montrouge
1962 en France — sources historiques
Paquebot France — sources maritimes
Première collection Yves Saint Laurent — Musée Yves Saint Laurent Paris
La Joconde aux États-Unis — INA
Loi Malraux de 1962 — sources historiques sur la protection du patrimoine

♦ De ma naissance à la Cité du Parc ♦

Les premières années dont il ne reste que des bribes et quelques souvenirs enfouis.

« Des images, des lieux, des sensations... et parfois des questions auxquelles je n'ai pas encore toutes les réponses. »
  • Où est-ce que j'ai habité ?  Qu'est-ce que j'ai pu faire ? Et concernant mes parents ? Ils sont les enfants de parents bouchers & charcutiers.

Ils sont eux-mêmes commerçants et travaillent dans le domaine qu'ils connaissent depuis leur enfance.

Du côté de mon père, ses parents étaient bouchers à Paris, et peut-être également à Vernouillet avant que mes parents deviennent à leur tour patrons de leur propre boucherie.

Du côté de ma mère, ses parents étaient charcutiers à Juvisy, qui se trouvait alors en Seine-et-Oise. Le département de l'Essonne ne sera créé qu'en 1968, lors de la réorganisation administrative de la région parisienne.

C'est donc dans deux familles déjà ancrées dans les métiers de la boucherie et de la charcuterie que mes parents grandissent, avant de construire leur propre parcours de commerçants.

J'ai vécu dans ce petit bâtiment situé au-dessus du centre commercial, au 4e étage, le dernier appartement au fond du palier, à l'extrême droite.

Ma chambre donnait sur le centre commercial et l'autre chambre, où il m'arrivait de jouer, donnait sur le pignon.

Est-ce que j'ai des souvenirs de ce que je faisais ? Pas vraiment. Plutôt des bribes, des images qui me reviennent parfois.

♦ L'école et les premières années ♦

J'ai des photographies qui prouvent que j'ai été à l'école à Thiviers, en Dordogne, où habitaient mes grands-parents paternels. Quand j'étais plus jeune ! Pourquoi ? Je ne le sais pas encore.

Mon école de Vernouillet : Saint-Exupéry, qui deviendra plus tard l'école Annie-Fratellini. J'ai dû y aller jusqu'en 1971 environ.

Il y avait aussi un centre de loisirs où je passais des journées lorsque je n'étais pas à l'école.

♦ Les souvenirs du quotidien ♦

Je me souviens d'avoir eu plusieurs chiens.

Le premier était un boxer appelé Kiki, un véritable amour doublé d'un farceur. À l'époque, mes parents travaillaient à la boucherie ; Kiki passait ses journées soit couché sous la caisse, soit dans le couloir menant à la cave. Un jour, ma mère quitte la boutique pour remonter à l'appartement. Kiki la suit de peu, mais se trompe d'étage et se retrouve sur le palier identique au nôtre, juste en dessous. Face à cette porte qui refuse de s'ouvrir, il s'acharne sur les pots de fleurs de la voisine. Alertée par le vacarme, ma mère sort et le découvre. Dès qu'elle l'appelle, il lève la tête, réalise son erreur et détale comme une furie pour nous rejoindre à l'étage supérieur, hilare et débordant de joie de nous retrouver.

Malheureusement, un drame a fini par briser cette complicité. Dans la cave où se trouvait la cuisine, nous avions dû installer des graines empoisonnées pour lutter contre les nuisibles. Kiki en a mangé, et vous devinez la suite...

Plus tard, mes parents ont repris un autre chien,  qui n'arrêtait pas de faire des bêtises. Et puis, un jour, lui aussi a plus était là, mais pas pour les même raisons.

C'était dans cette même cuisine située au sous-sol de la boucherie, un espace sombre qui communiquait avec les caves de la cité. Cet endroit, je ne l'aimais décidément pas, surtout lorsque l'un de mes parents ouvrait cette fameuse porte pour aller jeter les ordures.

Je jouais aussi dans le parc derrière l'immeuble, avec des osselets en os, des marrons et toutes ces petites choses qui pouvaient devenir des jeux lorsque l'on était enfant.

Je passais également des vacances chez mes grands-parents, à Thiviers, en Dordogne.

♦ La télévision de mon enfance ♦

Je regardais la télévision, soit seule, soit avec mes parents, de ce que je me souviens.

La vieille télévision faisait partie du quotidien. Il y avait le journal de 13 heures, le journal de 20 heures, mais aussi les émissions et les séries qui accompagnaient les enfants de cette époque.

Parmi les programmes dont je peux retrouver la trace et qui ont fait parti de mon quotidien durant des années :

Les incontournables de l'ORTF

Il y avait tout d'abord les programmes pour les enfants :

Bonne nuit les petits, Le Manège enchanté, Kiri le clown, Colargol l'ours musicien, Aglaé et Sidonie, Chapi Chapo, La Maison de Toutou ou encore Les Shadoks.

Autant de petits personnages, d'univers et de génériques qui ont accompagné mes années d'enfance et qui, encore aujourd'hui, peuvent faire ressurgir en quelques secondes une image, une musique ou une ambiance oubliée.

Le jeudi et durant les vacances, c'était aussi le grand jour des enfants à la télévision, avec ces séries et feuilletons inoubliables que je pouvais suivre en journée :

Poly et Belle et Sébastien (tous deux créés par Cécile Aubry), les feuilletons de plein air par excellence, offrant de superbes décors de villages français et de magnifiques amitiés entre des enfants et des animaux admirables.

Sans oublier d'autres grands héros de l'époque comme Thierry la Fronde, le célèbre justicier vêtu de cuir, ou encore les aventures de Flipper le dauphin, Robin des Bois, et des rendez-vous d'évasion tels que Les Globe-trotters, Les Chevaliers du ciel ou Daktari.

 

Un autre souvenir mémorable, les émissions que ma Mère régardait 

 

Il y avait, d'un côté, Le Petit Conservatoire de Mireille, où la redoutable mais bienveillante Mireille régnait, assise derrière son piano. Elle décortiquait les textes, la diction, la posture et la façon de chanter des jeunes apprentis chanteurs, sous le regard tendu et appliqué des débutants. Certains de ceux qui sont passés par cette émission allaient ensuite évoluer dans l'univers du show-business et devenir des artistes que nous connaissons encore aujourd'hui : Françoise Hardy, Yves Duteil, Alice Dona, Michel Jonasz ou encore Alain Souchon.

Et de l'autre, il y avait Discorama, menée par l'inoubliable Denise Glaser, dans un décor épuré et intimiste, véritable sanctuaire où les grands noms de la chanson et les artistes de la génération yé-yé venaient se confier. Entre les leçons de chant exigeantes de l'une et l'atmosphère feutrée et moderne de l'autre, ces deux fenêtres ouvertes sur la chanson ont durablement bercé et marqué mes souvenirs de jeunesse. Elles me font encore penser à tous ces artistes qui ont traversé cette époque et qui sont restés dans ma mémoire : Johnny Hallyday, Barbara, Serge Gainsbourg, Julien Clerc ou encore Michel Polnareff.

Sans oublier les grands poètes tels que Jacques Brel, Georges Brassens, Georges Moustaki ou encore ce cher Léo Ferré avec sa voix vibrante qui vous marque autant que son physique atypique et un brin impressionnant qui, avouons-le, ne m'a jamais vraiment inspiré la sympathie lorsque j'étais enfant !

Et pourtant, toutes ces voix, toutes ces personnalités et tous ces textes faisaient partie du paysage sonore et télévisuel de mon enfance. Je ne savais évidemment pas, à cette époque, que ces émissions regardées avec ma mère, ces artistes entendus à la télévision et ces chansons qui entraient dans notre maison allaient s'inscrire aussi profondément dans ma mémoire.

Certains souvenirs ne prennent leur véritable importance

que bien des années plus tard.

Et bien d'autres encore, dont certains  reviendront peut-être au fil de l'écriture de ce Carnet de vie.

♦ Les souvenirs moins agréables ♦

Il y a aussi des choses désagréables que j'ai pu vivre, notamment pour avoir fait des bêtises de gamine.

♦ Une valise et quatre étages à descendre...

Je me souviens d'une fois où ma mère m'a fait ma valise et m'a mise à la porte. J'avais moins de 10 ans.

Elle m'a dit : « Va voir ton père à la boucherie », avant de me faire descendre les quatre étages.

Encore aujourd'hui, je me demande : est-ce que cela se faisait réellement à cette époque ?

♦ Les bêtises de l'enfance...

Je me souviens d'avoir joué avec des aiguilles et des allumettes, sans vraiment mesurer les dangers.

Un souvenir très désagréable me revient également en mémoire.

Une énorme bêtise avec mes cousines : j'avais alors une douzaine d'années, et elles avaient deux ou trois ans de plus que moi. Personne ne nous gardait. Nos parents étaient à des centaines de kilomètres, partis faire des visites de commerces. Nous étions donc livrées à nous-mêmes, avec cette insouciance et cette inconscience propres à notre âge.

Je ne rentrerai pas dans les détails de ce qui s'est passé. Certaines choses appartiennent à l'intimité des souvenirs et n'ont pas forcément besoin d'être racontées pour être comprises.

Mais je peux simplement dire qu'à l'époque, cela aurait pu très mal finir pour moi...

Et lorsque j'y repense aujourd'hui, une pensée me traverse : si les choses avaient tourné autrement, je ne serais peut-être pas là pour vous raconter cette histoire aujourd'hui...

Il y a des souvenirs que l'on enfouit pendant des années. Et puis, un jour, ils remontent à la surface. Celui-ci en fait partie.

♦ Et puis arrivent les années 1970... ♦

Une nouvelle période commence.
De nouveaux lieux, de nouveaux souvenirs,
et une vie familiale qui va prendre un tournant radical.
Sources et pistes de recherche :

Histoire de la rue Giordano-Bruno — Wikipédia
Histoire de Montrouge — Ville de Montrouge
1962 en France — sources historiques
Paquebot France — sources historiques et maritimes
Première collection Yves Saint Laurent — Musée Yves Saint Laurent Paris
La Joconde aux États-Unis — INA
Loi Malraux de 1962 — sources historiques sur la protection du patrimoine
Archives personnelles, photographies et souvenirs de MevLy


♦ Les Années 1970.1 ♦

Quelques années dans le Nord, à Amiens...

« Des souvenirs parfois très précis, d'autres enfouis depuis longtemps... des années qui ont construit une partie de mon histoire, entre famille, école, travail de mes parents et petits morceaux de bonheur. »

♦ Un changement radical de vie ♦

Nous quittions le milieu de la boucherie-charcuterie, une profession que mes parents et grands-parents exerçaient de génération en génération, pour une tout autre aventure. Je situe aujourd’hui notre départ vers 1972-1973, l’année où mes parents prennent la décision de quitter Vernouillet et même la région parisienne.

Cette décision était d’ailleurs directement liée à la fermeture annoncée des Halles, où mon père allait s’approvisionner pour notre boucherie. Mes parents ont donc préféré vendre le commerce avant l’ouverture du marché de Rungis, et mon père ne s'y sera jamais approvisionné, préférant les Halles de la Villette. Ce départ marquait la fin d'une première période de mon enfance.

Pourtant, ce grand saut ne fut pas simple. Mon père était très réticent à l'idée d'aller s'installer dans le Nord. Il avait déjà refusé plusieurs fois les propositions des agents immobiliers, préférant explorer les Alpes, la Côte d'Azur ou d'autres régions plus ensoleillées.

Mais, lassée de ne rien trouver, ma mère finit par le convaincre :

« On ne trouve rien, allons-y, cela ne nous engage à rien. »

Ce fut le déclic. À peine arrivés à Amiens, mon père se retrouve sur la place Alphonse Fiquet, face à la gare. Sans même savoir où se situait précisément le café en question, il contemple la place, s'imprègne de l'agitation, et lance soudain :

« Je veux être là. »

Ce fut un véritable saut dans l'inconnu, et pourtant, il avait trouvé son point d'ancrage.

♦ Le Penalty — le café sportif ♦

Sur la photo, on distingue l'appartement du dessus, dont ma chambre donnait sur l'arrière. Au rez-de-chaussée se trouvait « LE PENALTY », le café que mes parents ont acheté vers 1971-1972. Ils en firent un café sportif, rythmé par les résultats diffusés en direct. Situé à la sortie des gares SNCF et routière, il ouvrait dès l'aube pour fermer tard dans la nuit. Mes parents travaillaient avec des gérants, dont mon oncle Michel Parquet et sa femme Françoise, mais le roulement était constant pour tenir cette amplitude de 6 h à 4 h du matin.

Dans ce tourbillon, je ne voyais mes parents qu’une ou deux heures par jour. Quand je me levais, ils dormaient. À l’école « La Sainte Famille », je passais mes journées entre les cours, la cantine et l’étude. Le soir, je les retrouvais brièvement — le temps de jouer à la barmaid ou de finir mes devoirs — avant de monter me coucher.

♦ L'école et mes journées à Amiens ♦

Je suis inscrite à l'École « La Sainte Famille » .Je suis en primaire, peut-être avec le calcul en classe de CM1/CM2, impossible de me souvenir. Je fais de la danse rythmique avec une jupette avec des carreaux vichy rouge et blanc.

Ensuite, je poursuis ma scolarité au collège, de la 6e jusqu'à la 4e.

Le midi, je mange à la cantine et, après les cours, je vais en classe d'étude. Je rentre, c'est l'heure de se mettre à table, vers 18 h 30, avant l'affluence dans le café. Je passe un peu de temps avec eux, soit à jouer à la barmaid, soit à finir mes devoirs, puis je monte à l'appartement.

Voilà comment se passaient mes journées... !!!

♦ Les jours sans école ♦

À l'époque, on ne va pas à l'école le jeudi, donc je profite un peu d'eux à ce moment-là.

Je me souviens qu'ils m'ont emmenée une fois, ou peut-être plus, au Touquet, manger dans un restaurant chic...ET OUI... ils ont la FOLIE DES GRANDEURS. Suivant l'avancée de mon histoire ici, je vous en dirai peut-être plus au fil du temps.

Puis le mercredi devient notre jour de repos. Est-ce que cela a été le cas pour eux ? Là, c'est un trou noir !!

♦ Les petits souvenirs qui reviennent ♦

D'autres souvenirs enfouis en moi, que j'arrive à me remémorer, qu'ils soient bons ou mauvais...

  • La patinoire : J'y allais souvent, entre copines ou en solitaire, avec un petit faible pour un garçon prénommé Jean-Michel... qui ne me remarquait jamais ! Je garde en mémoire, comme un clin d'œil du destin, le son de la chanson Michèle de Gérard Lenorman qui passait inlassablement dans les haut-parleurs.

  • La ferveur stéphanoise : C'était l'époque de la grande équipe de l'AS Saint-Étienne. Nous étions toutes fans et, pour afficher notre soutien, nous n'hésitions pas à inscrire au dos de nos blouses d'écolier bleu marine les noms de nos héros : Rocheteau, Barthélemy ou Larqué. On écrivait leurs noms partout !

  • La télévision : Le samedi après-midi était sacré. J'attendais La Une est à vous avec Bernard Golay, le ventriloque David Michel et son pingouin Nestor.

  • Mes cours d'anglais : J'ai eu droit à des cours particuliers, mais avouons-le, sans grand succès... je ne parle toujours pas anglais aujourd'hui !

♦ La télévision : de l'enfance à mes rendez-vous d'adolescente  ♦

La télévision a été le miroir de ma croissance. Petite fille, je n'en voyais que de brèves images avant l'heure du coucher ; puis, avec mon arrivée à Amiens dans les années 1970, ces moments sont passés d'un simple rituel familial à mes premiers rendez-vous personnels.

Des séries de mon jeune âge, que j'ai pu enfin regarder :

Suivre les aventures de Poly, Belle et Sébastien, l'incroyable Fifi Brindacier avec ses nattes rousses, et plus tard le romantisme de Paul et Virginie, Les Chevaliers du Ciel, Les Globe-trotters... j'en ai peut-être oublié !

Vidocq - Aux frontières du possible - Arsène Lupin - Schulmeister, l'espion de l'empereur - Chapeau melon et bottes de cuir - Cosmos 1999 - Les Mystères d'Orson Welles - Le Prisonnier - Mission impossible - Le Sixième Sens - Les Envahisseurs - Au-delà du réel - Les Mystères de l'Ouest - Au Nom de la Loi - Columbo - L'Homme de Vienne - Cannon - Hondo - Sam Cade - Flipper le dauphin - Ranch L - Kung Fu - La Grande Vallée - Le Grand Chaparral - Anna et le Roi - L'Homme invisible - Zorro - Suspense - Mannix.

Et puis tous ces dessins animés : Titi et Grosminet - Satanas et Diabolo - Le Roi Léo - Le Prince Saphir - Laurel et Hardy - La Panthère rose - Bugs Bunny - Bozo le clown - Babar - ...........

♦ Lucifer, devenu Luc : un chien de défense à double tranchant ♦

Lucifer, dit « Luc », était notre Doberman majestueux.  Un jour, alors qu’il courait à côté de la voiture, À quoi a-t-il pensé ?

« Il m'abandonne ! »

Un terrible accident arriva : mon père lui roula sur le museau. Le diagnostic tombe : museau cassé dans le sens de la longueur. Il a perdu un croc.Opéré, sauvé par une broche, il s'en remit vite.

Mon père l'emmène à des cours de dressage. Pourquoi ? Pour le café, vu les heures d'ouverture, il y a parfois des soucis avec la clientèle. C'est pour dissuader, mais aussi pour nous défendre en cas d'agressions.

Mais cela sera à double tranchant... Un jour, mon père me met une gifle. Et cela n'a pas été la seule, avant ou après. Qu'est-ce que j'avais fait ? Je ne m'en souviens pas... !!!

Luc m'a défendue. Me croyant attaquée, il a mordu mon père sur le côté du torse. Il n'a rien senti. Il ne l'a pas corrigé car il avait fait son travail. Il était dressé pour la défense, de manière générale : un chien de défense est un animal spécialement éduqué pour défendre son maître ou son foyer lorsqu'il est attaqué.

♦ Ma Communion Solennelle ♦

Ma Communion Solennelle, donc en 1974, à 12 ans. Et là, on fait les choses en grand... ou pas ! Car deux de mes grands-parents ne peuvent pas se voir. Donc : deux repas !

  • le premier à Amiens ;
  • le second à Saint-Germain-en-Laye, au Camp des Loges, dans le restaurant Le Cazaudehore.

Je reçois des cadeaux pour l'occasion, mon premier tourne-disque, pour écouter mes 45 tours que je renouvelais sans cesse, grâce au Juke-box du café et cette fameuse pendule quatre cents jours...qui nous donnera des sueurs froides, à mes parents et moi !

♦ L'accident de la pendule ♦

Un jour, en ouvrant mon secrétaire, cette fameuse pendule glisse et le globe en verre se casse sur mon poignet gauche. Ce qui m'entaille.

Sans m'affoler, je vais voir ma mère et lui dis :

« Je me suis coupée. »

Quand elle voit la coupure, béante, d'au moins trois ou quatre centimètres de long et assez profonde, elle m'entoure le poignet d'une serviette de toilette et appelle mon père.

Il prend la décision de m'emmener dans une clinique qui se trouve à proximité de l'appartement.

Là, on lui dit :

« Nous ne pouvons pas la recoudre comme ça. Il faut l'examiner, vu que c'est du verre qui l'a coupée : il y a peut-être des morceaux à l'intérieur ! »

Nous nous rendons donc à l'adresse qu'elle nous a donnée. C'est une clinique spécialisée dans tout ce qui concerne les membres.

Un chirurgien examine ma plaie et nous dit :

« Direction bloc opératoire, car il y a urgence. »

Je suis anesthésiée localement. On doit ligaturer un nerf complet et un tendon qui a été touché, sinon je risque de perdre une partie de l'usage de ma main.

Voilà, le verdict est tombé...

L'infirmière me rassure et me soutient, car je dérouille malgré l'anesthésie...

Et pour finir, je dois porter un plâtre pendant un mois, en bandoulière, pour immobiliser mon poignet.

La nuit, mon bras est fixé à un manche à balai à la tête du lit pour ne pas le déplier.

Au total, cela aura duré un mois et demi : après le plâtre, une attelle, puis la rééducation.

Elle sera de courte durée, vu le beau travail du chirurgien. Il m'avait sauvé ma main.

Aujourd'hui, cette cicatrice est toujours visible. Je peux encore ressentir des douleurs suivant le temps.

♦ D'autres souvenirs de ces années ♦

  • J'attrape la rougeole, et elle est très forte. Au dire du médecin, c'est un cas clinique à montrer à des internes.
  • Je suis examinée car j'ai une grosseur à la poitrine. On décèlera un kyste, à surveiller. Il n'y aura pas de suite. Après toutes ces années, je n'ai jamais eu d'autres soucis de ce côté-là.
  • Avec le rythme de travail de mes parents, les soucis et la fatigue, la santé de ma mère va mal. Déprime qui ira jusqu'à une dépression nerveuse, faits que j'ai entendus. Elle dort toute la journée, elle se tape la tête partout...

♦ Un voyage en Turquie ♦

J'aurais la chance de faire un voyage organisé avec mes parents : le seul en Turquie. Je pense que c'était pendant l'année 1974. Avant, ils en avaient déjà fait plusieurs : les Canaries, les Baléares et la Grèce.

De ce voyage en Turquie, je garderai de bons et de mauvais souvenirs...Je raconterai plus en détail cette escapade dans un prochain carnet de voyage, car certains lieux visités sont encore bien présents dans mes souvenirs.

♦ Mes grands-parents arrivent à Amiens ♦

Mes grands-parents, qui vivaient en Dordogne, à Thiviers, arrivent dans mes souvenirs comme une véritable parenthèse de paix.

Cette maison était pour moi un havre de paix. Je disais :

« Quand je serai grande, je vivrai dans cette maison, j'aurai beaucoup d'enfants et je me marierai avec Michel. »

Michel était un apprenti boucher chez mes parents à Vernouillet (78).

Mes grands-parents viennent habiter dans un appartement à Amiens. Est-ce pour aider mon père ? Pour s'occuper de moi ? Je passe du temps avec eux quand je ne suis pas à l'école.

Ensuite, sûrement à cause du temps lors des saisons d'hiver, ils achètent un appartement sur la Côte d'Azur pour y passer plusieurs mois de l'année.

Ensuite, ils partiront définitivement à Mandelieu, dans cette résidence appelée « Le Capitou ».

J'y passerai quelques vacances scolaires jusqu'aux vacances de Pâques 1976, où mes parents appelleront pour nous annoncer qu'ils ont vendu « Le Penalty » d'Amiens.

Mes parents nous rejoindront. Je laisserai derrière moi encore des souvenirs qui s'estomperont avec le temps...

♦ Une page se tourne ♦

Nous partons pour une courte période de vie sur la Côte d'Azur, pour que mes parents se reposent et profitent de la vie qu'ils n'ont pas eue pendant qu'ils travaillaient à Amiens.

Et moi... quelle vie, j'ai eue ?

♦ La Tour Perret ♦

La Tour Perret est conçue par l'architecte Auguste Perret , en 1942, dans le cadre du projet de reconstruction de la place Alphonse-Fiquet et de la gare d'Amiens , à la suite des destructions massives du début de la Seconde Guerre mondiale.

Les travaux furent menés par l'entreprise Perret-Frères, dont les associés sont Auguste, Gustave et Claude, qui travaille en collaboration avec l'entreprise Bouvet d'Arras.

♦ Un exploit technologique ♦

La tour constitua à l'époque un exploit quant à l'utilisation du béton armé.

Il s'agit du premier immeuble français en béton de plus de 100 mètres de hauteur.

Elle est considérée à sa construction comme le « premier gratte-ciel français ».

Initialement haute de 104 mètres et 30 étages, elle est surélevée à 110 mètres au début du XXIe siècle.

Elle est également nettoyée et dotée d'un « sablier de lumière » conçu par Thierry van de Wingaert en 2005.

Elle fut longtemps le plus haut gratte-ciel d'Europe de l'Ouest.

Lire la suite sur la Tour Perret

Auguste Perret, né à Ixelles (Belgique) le 12 février 1874 et mort à Paris le 25 février 1954, est un architecte français qui fut l'un des premiers techniciens spécialistes du béton armé.

Lire la suite sur Auguste Perret

♦ Les Années 1970.2 ♦
Après quelques années dans le Nord, une nouvelle vie commence sur la Côte d'Azur...

♦ Les Années 1970.2 - L'odysée Azuréenne ♦

De l'école Pigier à la vie sur un bateau...

« Après avoir passé quelques années dans le Nord, à Amiens, me voilà catalpultée sur la Côte d'Azur. Une nouvelle vie commence, une drôle de sensation de vacances perpétuelles au milieu de mes grands-parents, de l'école Pigier, de la mer, des bateaux »

♦ En attendant mes parents ♦

Mes parents m'ont envoyé en vacances chez mes grands-parents, qui ont un appartement dans cette résidence, Le Capitou à Mandelieu.

Suite à un aller-retour éclair, mes parents jugent que mon niveau scolaire n'est pas à la hauteur de leurs espérances et qu'il est inutile que je remonte à Amiens pour reprendre mes cours au collège. Y avait-il déjà anguille sous roche concernant leur choix de tout quitter ?  Ils m'inscrivent donc dans une école Pigier à Cannes, pour suivre des cours de sténo-dactylo. Pas le choix...

En fait, je suis contente, car cela me plaît bien.

♦ Ma nouvelle vie d'étudiante à Cannes ♦

Je prends le bus pour y aller et revenir le soir. Je dois me débrouiller toute seule, car mes grands-parents sont âgés.

Mes parents ont laissé une enveloppe pécuniaire pour le midi. Je mange où je veux avec d'autres élèves avec qui j'ai sympathisé /: souvent des pan-bagnats, que l'on savoure sur la place.....

C'est le TOP !!!

Je fais comme les copines et les copains : je me mets à fumer des cigarettes. Et le soir, en rentrant, je cache mon paquet et je fume en cachette sur le balcon...

♦ Chez mes grands-parents ♦

Mes grands-parents sont adorables, je suis la seule des petits enfants à être présente. J'ai droit à mes petits pains au chocolat tous les jours... Après avoir fait mes devoirs, je regarde la télévision, bien sagement, sans sortir !

Enfin... parfois à leur insu. Je me souviens d'ailleurs d' un film d'horreur en noir et blanc qui m'avait particulièrement marquée, regardée très tard dans la soirée : le célèbre Freaks (La Monstrueuse Parade), une de ces œuvres troublantes avec des forains aux physiques disgracieux qui laisse des traces durables dans l'esprit d'une jeune fille !

♦ Le jour où tout est vendu ♦

Puis, le jour arrive où mes parents débarquent. Ils annoncent qu'ils ont tout vendu : le commerce, les meubles, la vaisselle, et même mes affaires - livres, jeux, tout y est passé. Donc, on n'a plus rien, juste nos vêtements !!!

« On va vivre où ? » demandais-je 

Car chez mes grands-parents, ce n'est pas possible : il n'y a que deux chambres et pas de canapé-lit.

Ils nous apprennent qu'ils ont vu, ou vont acheter, un bateau ! Nous vivons dessus, le et que nous vivrons dessus le temps qu'ils se ressourcent après ces années de labeur dans le Nord. 

L'idée me plaît bien. Cela donne un goût de vacances perpétuelles pour moi qui vais encore à l'école.

♦ Notre premier bateau ♦

Nous allons au port de La Rague, qui se trouve à un petit quart d'heure de chez mes grands-parents. Nous voilà devant ce bateau. il n'est pas si grand que cela...

Comment la vie va-t-elle se dérouler dans si peu d'espace ?

Tous les soirs, il faut baisser la planche qui sert de table pour faire notre lit, où nous dormons tous les trois.

Je vous laisse imaginer...

Je m'y ferai, car ce n'est pas tout le monde qui peut vivre sur un bateau, même à l'étroit...Et puis nous allons rattraper le temps perdu pendant toutes ces années où je ne les voyais qu'une ou deux heures par jour, même quand je n'avais pas école.

♦ L'école depuis le bateau ♦

Mais cette vie m'éloigne de l'établissement  Pigier...

Pas grave, mes parents me disent :

« On t'emmènera en bateau jusqu'au port de Cannes et après, soit tu iras à pied, soit par le bus. Tu as la chance d'avoir des parents qui ont un bateau et qui t'emmènent avec ! »

♦ La vie sur l'eau ♦

Nous mangeons sur le bateau ou à la p'tite guinguette du port tous les jours.

Quand je n'ai pas cours, on lâche les amarres et on va en mer pour se baigner et pour être seuls au monde !

Le temps passe, puis un jour, mes parents achètent unsecond  bateau qui fait 3 mètres de plus. On avons plus de commodités dessus : un coin toilette avec WC, une kitchenette et un couchage supplémentaire.

La vie est belle !!!  C'est les vacances.
C'est que du bonheur pour nous trois... et notre Luc.

♦ Luc découvre la vie en mer ♦

Il n'est pas très sûr de lui sur le pont, mais dès qu'il saute à l'eau... lui aussi il est heureux ! Il fait des tours et des tours dans l'eau. Le plus dur ? il ne faut pas être à côté de lui sinon gare aux coups de pattes.

Il faut prendre les devants pour le remonter, être à bord avant lui, l'appeler pour qu'il revienne vers nous et l'aider à monter sur la petite plateforme à l'arrière du bateau.

♦ Les péripéties en bateau ♦

Il nous en est arrivé des péripéties avec ces bateaux...

♦ Avec le premier bateau ♦

Avec le premier, on est tombés en panne en pleine mer. On nous a remorqués jusqu'au port.

Puis, de mémoire, mon père s'est trompé de pompe pour le carburant...

♦ Avec le second bateau ♦

Avec le second, ce fut plus raide. Une première fois dans le chenal des îles de Lérins : erreur de profondeur, nous nous sommes échoués. C'est la Marine nationale qui est venue à notre secours.

À ce sujet, une anecdote me revient : lors d'un réveillon (de Noël ou du jour de l'An, je ne sais plus) passé sur leur navette, mon père racontait souvent comment ils avaient essayé de saouler ma mère. Voulaient-ils profiter d'elle ? On ne le saura jamais, mais cette zone d'ombre a toujours pesé dans le récit de cette erreur de pilotage. »

Une autre fois, nous étions allés près d'une plage à côté de Saint-Tropez.

La météo se dégradait.  Les amis disaient :

« Ne partez pas, faites le mouillage ici avec des ancres à l'avant et à l'arrière. »

Mais nous n'étions pas à l'abri dans une crique. Donc un risque de s'échouer sur la plage si cela s'aggravait...

Mon père a pris la décision de prendre la mer, en s'assurant de prévenir la capitainerie par radio CB que nous rentrions au plus vite à notre port d'attache. Nous avons mis nos gilets de sauvetage sur le dos.

Le ciel bleu était devenu d'un gris très foncé. On se serait cru en pleine nuit. Nous étions l'après-midi...

Le retour fut très dur, car la mer commençait à se déchaîner. Les vagues grossissaient.

« Tenez-vous bien... » criait mon père 

alors que les  vagues devenaient aussi hautes que le bateau. Il était impossible de faire demi-tour, au risque de chavirer. Il fallait aller de l'avant, tenir bon, foncer dans les vagues, les couper pour avancer.

Cela dura des heures...Pour enfin voir les lumières de notre port d'attache.

Il fallut encore à mon père beaucoup de concentration pour entrer dans le port avec les vagues qui étaient toujours aussi violentes et qui risquaient de nous jeter sur la digue avec les gros blocs de pierres.

Quand les amarres furent attachées : quel soulagement pour nous trois et notre chien, qui était à l'abri avec moi dans la cabine !!!

♦ Les rencontres du port ♦

Nous avons fait connaissance avec des plaisanciers et leurs enfants.

Je me lie d'amitié avec leur fils. On s'amuse, on se baigne, on va à la plage...

Puis arrive la fin de leurs congés. Comme nous sommes encore en vacances, nous, les lycéens, Hervé reste avec nous pour en profiter encore de ce bord de la mer, tandis que ses parents repartent.

Et le mois passe trop vite...On s'échange nos adresses.

Il part car il a un train à prendre, qui, fort heureusement, passera au-dessus du port.

Nous nous dirons encore un au revoir...

Nous échangerons pendant des mois des courriers, avec cette envie de nous revoir...Et un jour... plus de nouvelles.

C'en était fini !!

♦ Retour à une vie « normale » ♦

Et pour nous, la vie reprenait un cours normal pour des gens normaux.

  • Partir de la Côte d'Azur ;
  • Quitter cette école Pigier où je me sentais bien ;
  • Abandonner des études prometteuses, moi qui avant ne travaillais pas très bien, j'avais désormais de bien meilleurs résultats et
  • j'étais acceptée pour faire une première année de CAP « S.D. ».
J'abandonnais encore derrière moi ces quelques souvenirs de bonheur, d'insouciance...Nous repartons vivre en région parisienne, dans l'Essonne, à Corbeil.
Une nouvelle page aller encore s'ouvrir...

Et avec elle, de nouveaux changements dans ma vie.
Sources et pistes de recherche :
 

♦ Les Années 1970.3 / Début 1980 : De Corbeil à Juvisy ♦

Une nouvelle étape dans mon histoire d'adolescente chahutée

« À 15 ans, pas d'amis, personne à qui parler pour me soulager, car je ne dois pas me plaindre, sinon je n'ai rien... Ça fait combien d'années que l'on fait tout pour moi, sans amour et avec de l'argent ? »

♦ L'arrivée à Corbeil et l'école de sténo ♦

Nous voilà arrivés à Corbeil-Essonnes en 1977. J'ai 15 ans. Je dois reprendre mes études de sténo-dactylo et trouver une école dans le secteur ! Ouf, il y en a une à Corbeil. Nous y allons pour m'inscrire. Ils peuvent me prendre, mais il y a un GROS SOUCI : ce n'est pas la même méthode de sténo, car j'étudiais le Speedwriting. Ils forment à la méthode Prévost-Delaunay et je ne peux pas suivre ce cours sans reprendre tous les cours depuis le début.

L'école me propose donc, pendant les cours de sténo, de faire mes propres exercices, mes auto-corrections et de suivre le reste du cycle d'étude. Cela ne devrait pas, paraît-il, engendrer de retard. Mais je suis mise à l'écart, j'arrive en cours d'année, cela me perturbe... et la descente de toutes mes notes commence, après tous les efforts que j'avais faits sur la Côte d'Azur.

Après cette fin de session, vu mes résultats, mes parents me disent :

« Ce n'est pas la peine de continuer à te payer des études, si tu ne fous rien ! J'essaie de me défendre, en expliquant que travailler dans le contexte actuel ce n'est pas facile, que j'aurais dû rester à Cannes. On me rétorque alors : « Dans ce cas, tu vas venir travailler avec nous dans le commerce ! »

Des écoles privées pour être bien éduquée, des cours privés pour apprendre, mais des parents absents pour m'aider à la maison quand j'ai du mal à faire mes devoirs, pris par leur travail de commerçants... Est-ce le cas pour tous les enfants de commerçants ? Je ne sais pas. Ma cousine est aussi fille de commerçants, je ne crois pas qu'elle ait eu un diplôme, je n'en ai pas souvenance.

♦ Le Fontenoy à Saint-Germain-en-Laye ♦

Nous vivons à Corbeil-Essonnes, dans une petite résidence, rue de Gournay. C'est calme et très agréable, pour le moment. D'ailleurs, quand nous y avons emménagé, j'ai découvert un appartement déjà entièrement meublé et équipé dans toutes les pièces : la salle à manger, le salon, nos chambres et une cuisine toute équipée.

Quand ont-ils fait tout cela ? Je n'en ai absolument aucun souvenir ! Est-ce que cela s'est tramé pendant qu'on était encore au bord de la mer ? C'est un véritable trou noir dans ma mémoire. Avec eux, les décors changeaient par magie, dans le dos des enfants.

Mais ce calme risque de changer. Mes parents ont de nouveau un commerce et il n'est pas à Corbeil. Il se trouve dans les Yvelines, à Saint-Germain-en-Laye (à environ 55 km). Encore un nouveau départ en perspective que je rumine dans ma tête, puisque je vais aller travailler avec eux !

Ce café, « Le Fontenoy », se situe dans la rue la plus commerçante de Saint-Germain : la rue au Pain. Il ouvre à des heures respectables (environ de 7h30 à 19h-20h, je ne m'en souviens plus très bien), ce qui change d'Amiens. La clientèle est principalement composée de personnes venant des bureaux et de commerçants. Il apportera plusieurs nouveautés à cet établissement :

  • Une salle de jeux vidéo ainsi qu'un billard.
  • Une cave à cigares pour compléter le tabac, ainsi que des bibelots et accessoires utiles (briquets, coupes et étuis à cigares, stylos, etc.).
  • Une spécialité bourguignonne : le kir au Bourgogne Aligoté (tiens, je vis maintenant en Bourgogne...).
  • Des salades composées, des hot-dogs et des croques (la spécialité de ma mère), en plus des sandwichs.

Et moi, je suis où dans tout cela ? Je suis au bar, ou à la caisse du tabac... cela dépend !

Pour notre lieu de résidence, l'organisation a évolué. Au tout début, nous faisions la navette matin et soir entre Corbeil et Saint-Germain. Puis, pour nous simplifier la vie, mes parents ont décidé d'aménager l'appartement de trois pièces situé juste au-dessus du café. Ils ont chiné des meubles d'occasion pour en faire un vrai pied-à-terre, ce qui nous a permis de ne rentrer à Corbeil qu'en fin de semaine. Nous avons fonctionné ainsi pendant quelques mois ou années... jusqu'à ce qu'ils achètent le pavillon de Saintry-sur-Seine, ce qui a entraîné le vidage de cet appartement.

« Pour ma part, mes journées de repos suivent celles de mes parents. Je vais me promener au centre commercial de l’Agora où il y a des cinémas et une patinoire. Je commence aussi à sortir en boîte pour mes 16 ans, avec l'accord de mes parents : je retrouve ce groupe de mon entourage que je connais déjà depuis un petit moment, chaperonnée par mes cousines (qui ont deux ans de plus que moi), leurs petits copains et leurs amis, des coureurs cyclistes. »

♦ Amour interdit et liberté retrouvée (Le Permis) ♦

L'adolescente grandit, et derrière le bar, ce n'est pas toujours facile avec la clientèle des hommes. J'ai des affinités avec un ambulancier, nous nous rapprochons... Entre-temps, mes parents vendent l'appartement de Corbeil-Essonnes pour une maison — on va même dire une très grande maison à Saintry-sur-Seine. Vous vous rappelez, je vous disais qu'ils avaient la folie des grandeurs... j'y reviens !

Une grande maison sur deux niveaux coté jardin et rue maison de plein pied... Elle fait au moins 200m² avec encore des nouveaux meubles, il faut meubler après un appartement que faisait env 60m² .

Une grande entrée carrée avec dans un coin le panier de notre chien Luc, oui il est toujours fidèle au poste...

Un couloir qui dessert de nombreuses pièces : salle à manger, double salon avec cheminée, cuisine, bureau, chambres dont une parentale et une sdb, un wc, des accès pour les différents niveaux, de la surface totale de la maison : le grenier et le sous-sol, qui lui comprend un couloir qui dessert 3 pièces, deux chambres et une cuisine, qui serviront aussi dans l'avenir, de salon, de chambre et de salle à manger......On peut aussi y trouver une sdb, un wc, une cave à vin, une buanderie et une chaufferie et pour la partie de mon père, il y a un double garage et un atelier attenant... et là je ne vous parle que de la Maison !!

Le terrain est immense environs 300m²

Un amour sous surveillance :
Cette idylle tourne au drame. Il a presque dix ans de plus que moi, les collègues jaseux lancent des rumeurs, et mes parents décrètent que je perds la tête. Résultat : on m'éloigne du bar pour me coller uniquement aux caisses, et on me suit à la trace, même quand je sors  Luc, notre fidèle chien.

« Mes parents feront tout pour nous séparer, jusqu'à vendre ce café durant l'année 1980/81 pour soi-disant me protéger... Je continuerai à le voir en cachette à Corbeil, jusqu'au jour où il ne viendra plus... et je l'oublierais. »

Heureusement, entre-temps, j'obtiens ma liberté de mouvement. Mes parents m'inscrivent pour passer mon code et mon permis avec un ami qui a une auto-école à Corbeil, en lui assenant :

« Elle a un mois de vacances, débrouille-toi pour qu'elle l'ait ! »

Je paie, donc je veux des résultats immédiats ! Il me fera travailler d'arrache-pied comme si j'étais à l'école. Je me souviens d'un jour où nous avons failli avoir un accident, car je conduisais depuis plusieurs heures (il ne m'a pas sanctionnée, car c'était de sa faute).

Je passe mon code, je l'ai ! Fin août 1980, je passe l'examen de conduite. L'ami de mon père est à l'arrière et me fait comprendre que tout va bien se passer. J'ai la trouille... La conduite se passe bien, mais pour le final, je dois faire un créneau à gauche, dans une montée. Aïe... Je commence à manœuvrer et là, grosse panique : je ne sais plus dans quel sens tourner mon volant.

« Un petit indice venant de derrière l'examinateur me sauve ! J'éteins le moteur et j'attends. »

Et je ressors de cette voiture avec mon feuillet rose...
YOUPIIIIIIIIIIIII !!!!

J'ai mon permis ! Ce qui me permettra d'être enfin libre pour me déplacer, fini le « Papa, tu m'emmènes... », et de sortir de cette grande maison où l'on se cherche.

L'œil de lynx : Une fois, me croyant seule, je prends ma voiture pour sortir, et là j'entends un « coucou » dans le jardin... Je regarde partout, je ne vois personne. Normal : ma mère m'appelle du grenier, où il y a de toutes petites lucarnes triangulaires !

Cela ne m'empêche pas de claquer la porte en beauté : « Je vais me promener à l'Agora ! »

♦ De la supérette AS ECO aux deux magasins de Juvisy (1981) ♦

Nous sommes en avril 1981. Je travaille maintenant dans une supérette AS ECO, à Corbeil, dans les rayons épicerie (achalandage, commandes, etc.).

Cela me plaît. Avec certains de mes collègues, nous nous retrouvons après le travail. D'autres me jalousent car je m'entends bien avec le directeur... Quelle connerie !

Un jour, j'ai un accident du travail : je me coupe avec un cutter sur le dessus de la main. La chef des caissières me fait un pansement pour sortir. J'irai voir des amis de mes parents qui font le marché juste à côté pour me remonter chez moi, car je ne peux pas conduire. Ma mère est surprise de me voir accompagnée de Françoise :


- « Qu'est-ce qui se passe, où est ta voiture ? »
- « Je me suis coupée... » dis-je en cachant ma main pour éviter l'affolement.
- « C'est grave, vu que tu es avec Françoise ? »
- « Non, faut juste aller à l'hôpital pour me faire recoudre. »

Je ressors avec des fils et peut-être un arrêt de travail. En reprenant, je change de poste : je suis au rayon fruits et légumes, à l'extérieur. J'ai la paix, je n'entends plus les cancans...

Le choc de la liberté et de la violence verbale :
Entre le travail, mes parents et mes loisirs, tout va bien... jusqu'au jour où, encore une fois, tout dérape. Je suis toujours enfermée dans ce grand pavillon de Saintry-sur-Seine — cette fameuse demeure aux allures de folie des grandeurs — mais j'ai 19 ans !

Un soir en semaine, après le travail, je passe la soirée avec des collègues, et l'un d'eux m'attire. Je finirai une partie de la nuit dans ses bras et ne rentrerai pas aux aurores, mais presque : vers 4 heures.

« Je serai reçue par ma mère, qui m'attendait ou s'est réveillée à ce moment-là, en me traitant des pires mots de la terre... Je m'enfermerai dans ma chambre en pleurs. »

(Pour info, ma mère ne s'est jamais souciée de me faire prendre la pilule ; c'est moi qui suis allée voir le médecin pour qu'il me la prescrive, puisque j'avais 18 ans révolus).

Après cela... qu'est-ce qu'il s'est passé ? Est-ce longtemps après ou la conséquence de cette soirée ? J'ai démissionné de mon travail en novembre 1981 pour retourner travailler avec mes parents...

Quelle  bonne idée !!!

J'avais goûté à l'indépendance financière et pourtant, je me réenferme dans le cercle familial pour le travail. Pourquoi ? Peut-être sous l'influence de parents autoritaires, qu'il ne faut pas contrarier.

Et oui ! Maintenant, ils ne tiennent pas un café, mais deux magasins à Juvisy-sur-Orge : l'un pour l'art de la table, et l'autre tourné vers les idées cadeaux (bijoux, tableaux, etc.). Pareil, pour ceux-là, ils apporteront de la nouveauté :

  • Ils proposeront, pour toutes les listes de mariage déposées en magasin, une voiture ancienne comme voiture de cortège, et pas n'importe laquelle : une Rolls-Royce coupé chauffeur de 1920.
  • Ils avaient également trouvé un artiste dans le Sud qui réalisait ses peintures sur des plaques d'aluminium, du nom de Muro. C'était innovant...

J'en tenais un pendant que ma mère était dans l'autre avec mon père. Lui avait pris la décision de me payer quand cela lui chantait, entre le 10 et le 15 du mois... J'étais toujours à lui réclamer mon argent...

Voilà, nous arrivons à la fin de cette période. J'ai 20 ans... et je suis loin d'imaginer tout ce que les années qui arrivent vont m'apporter !

Sources et pistes de recherche :
Archives personnelles et souvenirs de la période Corbeil-Essonnes / Saint-Germain-en-Laye / Juvisy-sur-Orge (1977-1981).

 

♦ Les Années 1980 : Mes 20 ans et la rencontre de ma vie ♦

Un cap symbolique, un bal masqué et les premiers frémissements d'une grande histoire

« Voilà, c'est l'année de mes 20 ans... Vingt années se sont écoulées, je vais les fêter comme il se doit... enfin, mes parents vont le faire ENCORE pour moi ! »

Dans cette grande maison... c'est dans la salle sous les combres, que mon père a agencé — il y a posé du lambris sous la charpente, recouvert le sol de peinture spéciale, et fait un bar en lambris — un lieu propice à toutes leurs fiestas ! Je ne me souviens plus si c'est la première. Mes parents organisent un bal masqué pour fêter mes 20 ans, que j'ai eu le 28 janvier. Pour l'occasion, ils invitent leurs amis, la famile et quelques amis a moi !...

On fait même du spectacle sur le bord de la route.......Je vous les dis plusieurs fois : folie des grandeurs...je me fais remarquer !!

En juin, on fête leurs 20 ans de mariage et la crémaillère de la maison. L'occasion d'inviter encore du monde : les amis, la famille, les copains ! Je ne sais plus qui dit : « On peut appeler une copine et son frère pour qu'ils passent dans l'après-midi ». Mes parents acceptent... et là, je fais la connaissance de celui qui sera mon avenir, mais lui ne le sait pas encore !

Après cette journée, avec sa sœur nous organiserons des sorties en boîte le samedi soir, et je ferai en sorte qu'il me remarque, qu'il s'intéresse à moi et me demande de sortir avec lui. Chose qui se fera en douceur, après maintes tentatives et après que son meilleur copain se soit aussi intéressé à moi et m'ait demandé de sortir avec lui ! Voilà, après quelques semaines, nous sommes enfin ensemble. Nous nous voyons régulièrement, je suis heureuse. J'ai même envie de partir en vacance avec lui, j'ai 20 ans, tout est permis..Normalement !!!

♦ L'ombre de l'approbation et l'épisode des 500 francs ♦

Une ombre se dessine. J'en parle alors à l'amie de ma mère, Françoise (qui aurait pu être aussi ma belle-mère si j'avais continué à sortir avec son fils dans les années 1980/81, qui voulait vivre avec moi alors qu'ils étaient bouchers sur les marchés et moi fille de boucher, même si cela date !).

Je me rappelle de ce jour comme si c'était aujourd'hui : nous sommes un dimanche férié. Le midi nous mangeons chez les parents de mon fiancé, et l'après-midi nous rentrons chez mes parents, où il y a de la famille et des amis, dont Françoise. Elle me prend à part et me dit : « Tu peux partir en vacances avec ton copain... » Trop contente de lui dire, nous sommes ravis, mais ce qui suit n'est pas triste non plus ! De toute part, on me fait des recommandations, de faire attention, pas d'imprudence... Ils me prennent tous pour une gamine écervelée !

« Les vacances arrivent... Je n'ai pas encore mon salaire pour partir, je suis obligée de pleurer pour avoir un peu d'argent... Et là, mon père me donne royalement 500 francs l'air de rien, et si je n'ai pas assez d'argent, il dit à mon fiancé : "Tu lui avanceras l'argent, et je te rembourserai au retour !" Je suis sans voix... mon regard va de l'un à l'autre... »

♦ Le camping à Hendaye et le soleil  des Landes ♦

Nous sommes arrivés à Hendaye et nous installons les toiles de tente... Pour nous six, dans la grande dormiront ma future belle-sœur, un copain, mon compagnon et moi... et dans la canadienne, les jeunes mariés qui nous ont demandé s'ils pouvaient se joindre à nous pour leur voyage de noces !

Le partage des chambres sera une rigolade silencieuse : M...... met son sac de voyage dans la première, moi je l'installe dans la seconde... Les garçons rentrent sous la tente et là : « On s'installe où ? » demande le copain. Je leur dis : « Je suis dans cette chambre ! » Et donc, vous devinez la suite : le copain dormira dans la même chambre que ma future belle-sœur, tandis que ma future moitié n'aura pas d'autre choix que de mettre ses affaires avec les miennes, dans cette même chambre...

Après deux semaines de pluie à Hendaye, ras le bol ! Nous faisons une virée sur les plages des Landes. Le temps y est radieux depuis des semaines, tandis qu'à Hendaye, c'est la pluie... depuis notre arrivée. Nous démontons donc les tentes pour partir... Et là, ce seront encore mieux les vacances !

Ce mois de vacances représente pour moi une vraie découverte : vivre avec l'homme que j'aime, partager le quotidien, les imprévus, les petits moments de complicité. Et une idée commence à prendre encore plus de place dans ma tête : « ON POURRAIT VIVRE ENSEMBLE ! »

 

Sources et pistes de recherche :
Archives personnelles et souvenirs de la période 1980-1983 (Bal des 20 ans, rencontre, vacances mouvementées à Hendaye).

♦ Le Retour et l'évidence ♦

« À notre retour, nous sommes questionnés... et plus précisément moi : "Où tu as dormi ?" Et patati et patata !

Mais au-delà de toutes ces questions, quelque chose avait changé en moi. Ces premières vacances ensemble m'avaient permis de découvrir une autre facette de notre relation. Et surtout, en rentrant, j'ai compris que c'était lui. Celui avec qui j'avais envie de continuer mon chemin. »

 

Alors, pourquoi ne pas commencer à y penser sérieusement... au mariage ?

 

 

 

♦ Les Année 1980.2   ♦

Notre avenir se dessine avec son lot  de joie, tristesse et de contrariété

«.Que du bonheur à tous en cette nouvelle année.. Nous nous fiançons à la fin du mois de  janvier et fêtons nos anniversaires respectifs en même temps...

En février, nous partons une semaine en Bretagne. Il veut me présenter à des membres de sa famille qui n'étaient pas présents à nos fiançailles, mais aussi me faire découvrir cette région qu'il aime tant. Né à Cambrai, mais Breton de cœur, il est heureux de me faire découvrir sa Bretagne. Mais je vais la découvrir sous son plus mauvais jour !

Le mauvais temps est au rendez-vous... et même la neige ! Et comme si cela ne suffisait pas, je prends froid, sûrement à la Pointe Saint-Mathieu, à côté de Brest. Il s'ensuit un mal d'oreille qui se termine par une indigestion, me rendant incapable de faire honneur au plat local préparé par la grand-mère — un kig ha farz — et incapable de manger quoi que ce soit.

Autant dire que pour une première découverte de la Bretagne, j'aurais pu espérer mieux ! Mais cette semaine restera malgré tout un nouveau morceau de notre histoire, et une nouvelle étape dans la découverte de nos familles et de nos univers respectifs.

 

♦ Les Préparatifs du Mariage et les Premiers Tourments ♦

Quand l'évidence d'une vie à deux se heurte aux exigences familiales

« Nous fixons notre date de mariage au 30 avril 1984. Un mariage à préparer... Normalement, les choses devraient bien se passer. Non, cela sera un calvaire ! »

Je suis fille de commerçant et mon fiancé est fils d'ouvrier. De plus, je suis fille unique tandis que lui est l'aîné d'une fratrie avec une sœur. Vous saisissez ? Mes parents vont nous pourrir la vie — enfin, pas à nous, mais à mes futurs beaux-parents. Comme je suis une fille docile, je me laisserai influencer par certaines choses que mes parents feront, et je prendrai ma future belle-mère en grippe. Mes parents veulent un mariage en grande pompe (folie des grandeurs).

La douleur et la force de caractère : Un événement va se produire et peiner profondément ma belle-famille : le grand-père de mon fiancé décède en septembre 1983 à Paris, suite à un malaise à la maison de ses enfants et une opération des coronaires qui tourne mal à la Salpêtrière. Je suis effondrée, c'est mon premier décès proche. Mais la force de caractère de ma belle-maman devient ma ligne de vie :

« Il est parti, oui, mais dans 6 mois, vous vous mariez,

la VIE CONTINUE,

elle ne s'arrête pas avec lui. »

♦ Contrat, robes et folie des grandeurs ♦

Mes parents dirigent l'organisation : le mariage aura lieu la veille du 1er mai, un lundi, pour permettre à tous d'être présents lors de ce long week-end férié (car en tant que commerçants, le samedi on travaille !).

Pour le contrat de mariage chez le notaire, mes parents ont peur qu'il en veuille à l'argent de la famille... Contrairement à eux (enfants de commerçants propriétaires de leur boucherie/charcuterie), mes beaux-parents n'ont que leur maison !

Ma robe de mariée ? Mes parents m'emmènent à Paris pour la choisir.

J'en essaie plusieurs jusqu'à celle qui fait chavirer mon cœur, en harmonie avec la voiture de cortège : une Rolls-Royce Silver Ghost coupé-chauffeur de 1920.

Ma mère veut un voile, mais avec cette robe ce n'est pas possible : je m'impose pour choisir un accessoire très joli avec une fine voilette comme dans les années 1920.

Ma belle-maman fera en sorte que la tenue du marié y soit aussi assortie.

Le photographe vient de Villejuif. Pourquoi si loin ? je ne sais pas, ce n'est pas pas les futurs époux qu'ils l'ont choisi 

On fait aussi une liste de mariage dans la boutique de mes parents. Sûrement influencée par leur GRANDEUR, je choisis vaisselle, verres, accessoires, petits électroménagers, etc. Cette liste ne sera achetée que par des invités de mes parents... vu que ma belle-mère est en conflit avec mes parents. Chacun fait selon ses moyens, mais mes parents veulent ce qu'il y a de mieux pour moi, sans se soucier que mes beaux-parents ont un autre enfant.

Le vin d'honneur aura lieu à la maison. Mes parents comptabilisent au moins 250 personnes au total. Le repas, nous sommes un peu moins nombreux, dans un restaurant à Draveil.

Parfois, je tiens rigueur à l'un ou à l'autre, ce qui entraîne des disputes entre parents, beaux-parents et fiancé...

Il y a aussi les enterrements de vie... Nous avons l'interdiction de nous voir les 10 jours avant notre mariage. C'est dur, nous nous appelons tous les soirs, nous nous manquons !

De mon côté, je ne ferai rien seule, mes parents s'occupent encore de tout. Nous mangeons au restaurant le samedi soir... ou le dimanche... Voilà un trou de mémoire, comme tant d'autres.

Le Jour J — Lundi 30 avril 1984

« Je découvre la surprise de mon futur époux pour me rejoindre à l'église : un bouquet d'orchidées blanches... J'en ai des larmes ! Puis me voilà installée dans la voiture avec mes parents, sous un soleil magnifique (la veille, il pleuvait).
À 16h00, devant M. le Maire et à l'église, les cœurs se serrent : OUI, je le veux, pour le meilleur et pour le pire...

Je suis Madame M... »

♦ Voyage de noces et premier nid ♦

Nous sommes heureux, mari et femme depuis hier, lundi 30 avril 1984 à 16h00. Notre voyage de noces...

Direction la Bretagne sous la pluie ! Oui, elle est de nouveau là. Par les routes départementales, nous traversons Bayeux, Villedieu-les-Poêles et le Mont-Saint-Michel avant d'atteindre Saint-Malo.

Nous avons beaucoup de mal à trouver un hôtel-restaurant à cause de tous ces sens interdits à chaque coin de ruelle ! Enfin, nous trouvons une petite place avec un hôtel à la façade très ancienne. On nous indique de suivre la personne, qui se dirige vers un escalier qui date sûrement du siècle dernier, vu son état et son étroitesse.

« Un hôtel digne d'un film d'horreur... Nous barricadons la porte avec une chaise, tellement je me sens en insécurité, car nous avons notre cagnotte de la jarretière cachée dans nos bagages ! »

Après un passage par Dinard et Dinan, nous rejoignons Brest où nous attend la grand-mère de mon époux. Ce séjour est une découverte merveilleuse de la région et une première rencontre marquante avec sa famille qui n'avaient pu venir à notre mariage.

Ce début de vie à deux, entre économies, installation de notre petit nid  forge les fondations de notre histoire.

Nous rêvons déjà de notre futur chez-nous.

 

À notre retour, nous retrouvons notre futur nid, celui que mes parents nous proposent en rez-de-jardin de leur grande maison moyennant une participation financière. Avec quelques cadeaux financiers, nous irons au salon du meuble de Paris, grâce à un cousin de ma mère, qui est répresentant en meuble..Nous y choisirons notre salon et notre salle a manger, deux cadeaux précieux prevenant de la Marraine de ma Belle-mère ; vous vous souvenez, elle n'a pas d'enfant et considere mon conjoint comme son fils !!

Nous apprenons à vivre 24h/24h mariés. Entre-temps, nous adoptons aussi petit épagneul de 6 mois, qu'on appelle Max, on dira même que c'est lui qui nois a choisit, il est elevé au côté de Luc, le doberman, qui lui habite au-dessus !!

Il font la pair, malgré la différence de taille, et d'age, pour s'amuser avec les pigeons et les chats qui passent dans le jardin..même s'il est immence, ils ont une tactique, chacun descende de chaque coté pour les piéger...

Mais nous n'avons jamais eu de surprises glauques...!!


♦ Les Années 1980.3 ♦

♦ Le grand départ et l'arrivée de nos filles ♦

Début 1986, c'est la délivrance : nous emménageons dans notre propre chez-nous à Moulignon, à côté de Saint-Fargeau-Ponthierry. Notre chambre se compose d'un matelas au sol, de caisses en bois transformées en tables de nuit par mon beau-père et d'une armoire Confo. Plus tard, nous récupérerons la chambre de ma grand-mère, celle où je dormais en Dordogne, chargée de souvenirs d'enfance.

« Le plus beau des cadeaux de Noël 1985 tombe : notre désir de fonder une famille se concrétise. En mars 1986, j'apprends que je suis enceinte. »

Je passe mes journées de grossesse entre la généalogie — aux archives de Melun ou par courrier dans toute la France pour remonter nos lignées — et la préparation de l'arrivée de bébé. Les futures mamies tricotent, et le couffin, habillé de broderie anglaise par ma belle-mère, est prêt.

Le 24 octobre 1986, après un déclenchement à la clinique Saint-Jean à Melun, une belle frayeur survient : le placenta refuse de se décoller. Le chirurgien, pour me rassurer, me glisse avec humour : « Madame, votre placenta ferait des heureux dans les laboratoires, il pèse 800 g, c'est exceptionnel ! » À 19h30, Mélanie Émilie pointe enfin le bout de son nez !

♦ Notre vie familiale s'organise et s'agrandit ♦

Notre vie s'organise avec notre petite puce. En avril 1987, nous baptisons Mélanie dans l'église de notre mariage. Très vite, un nouveau test positif annonce l'arrivée rapprochée d'un deuxième bébé : seulement onze mois d'écart !

L'été 1987 apporte son lot d'angoisses : Mélanie chute d'une table dans son babyrelax chez mes parents. Après des heures de surveillance et une visite chez le pédiatre, le verdict tombe : une fêlure à la clavicule. Et comme le destin aime les télescopages, c'est précisément ce samedi-là, alors que nous accompagnons Mélanie chez le chirurgien, que mes contractions s'affolent. Direction immédiate la maternité !

« Une seconde naissance qui emplit notre cœur de bonheur : mon aînée a une sœur, contrairement à moi qui suis fille unique. Notre vie à quatre s'organise... mais cette fin d'année 1987 se terminera tristement avec le décès de mon grand-père, le 19 décembre. »

Cette deuxième grossesse n'a pas été accueillie de la même manière par tout le monde. Les remarques et les inquiétudes qui ont accompagné cette période n'ont pourtant pas changé notre décision : « C'est notre vie, nous avons fait ce choix ! »

Notre repas de Noël ne sera pas vraiment celui de la fête, mais celui de la mémoire. Du haut de ses quatorze mois, ma petite Mélanie fera des sourires aux cadeaux reçus, tandis que nous traverserons cette journée particulière, encore marquée par la disparition de mon grand-père. Ce matin-là, ma grand-mère venait d'enterrer son époux après cinquante-six années de vie commune.

Après ces moments de tristesse, la vie reprend peu à peu son cours. Certaines paroles entendues quelques années auparavant prennent alors un autre sens et m'accompagnent dans cette période où il faut continuer d'avancer.

Je savoure ces années en restant à la maison pour m'occuper de mes filles, avant de devenir, un peu plus tard, assistante maternelle indépendante. Ce choix me permet de les accompagner et de les élever durant plusieurs années, tout en ouvrant une nouvelle page de mon parcours.

 

♦ Les Années 1990-2000 ♦

« Une décennie professionnelle faite de changements, de responsabilités, de nouveaux défis... et de l'envie de trouver enfin ma place dans le monde du travail. »

Au début des années 1990, ma vie professionnelle va prendre une nouvelle direction.  Après avoir travaillé dans le commerce familial, puis connu différentes expériences professionnelles, je vais progressivement construire mon propre parcours.

Je n'ai pas de diplôme en poche, mais j'ai déjà derrière moi plusieurs expériences, plusieurs métiers et surtout une capacité à m'adapter aux situations qui se présentent à moi.

♦ Assistante maternelle : une responsabilité particulière ♦

Avant de reprendre véritablement le chemin du commerce, je suis assistante maternelle à domicile. Je garde plusieurs enfants au fil des années.

Parmi eux, il y aura notamment un petit garçon prénommé Stéphen, dont la situation particulière va nous amener, mon mari et moi, à beaucoup réfléchir avant d'accepter de le garder. Ses parents nous expliquent sa situation et les précautions particulières qui doivent être prises. De notre côté, nous nous renseignons également. Je prends contact avec la PMI afin de connaître les précautions à respecter, les procédures à suivre en cas d'accident et surtout de ne pas mettre en danger notre famille. Après toutes ces réflexions, nous décidons malgré tout de prendre cette responsabilité.

Pendant près de deux ans, nous allons vivre cette expérience avec beaucoup d'attention : faire attention aux blessures, aux petits accidents du quotidien et respecter les précautions qui nous ont été expliquées. Et finalement, tout se passera sereinement. La confiance s'installera entre les parents, notre famille et moi. Nous voulons simplement apporter autour de ce petit garçon un environnement rassurant, comme pour les autres enfants que je garde..

Nous ferons même une ou deux sorties sur Paris avec ses parents. Puis un jour, ils m'annoncent qu'ils vont déménager. Son père me dira qu'il espère retrouver une nounou comme moi.

« Cette remarque m'a profondément touchée et honorée. Mais, quelque part, cette expérience m'a aussi ouvert les yeux. Après son départ, je n'ai plus vécu la garde des autres enfants de la même façon. Une certaine fatigue s'est installée, une perte de patience aussi... et peu à peu, l'envie de retravailler a commencé à revenir. »

♦ Un retour dans le commerce familial ♦

Je reprends alors une activité à mi-temps chez le commerçant qui avait repris le café-brasserie de mes parents, un établissement dans lequel j'avais déjà travaillé occasionnellement. Et oui... encore une fois, me voilà rattrapée par le commerce de mes parents !

Mais cette expérience ne durera que quelques mois. Je quitte finalement cet emploi à cause de problèmes d'hygiène alimentaire qui ne correspondent pas à ma façon de voir les choses. Cette fois, je décide de chercher ailleurs.

♦ La boucherie Munier : mon premier véritable pari professionnel ♦

Un jour, je remarque une annonce pour un poste de vendeuse dans une boucherie : Munier. Je prends rendez-vous et rencontre la patronne. Elle me fait alors part du fait qu'elle est fainéante. Je trouve ça drôle qu'une patronne me dise ça, car, en général, c'est plutôt le contraire : les patrons ne comptent pas leurs heures !

Je lui explique ma situation. Je n'ai pas de diplôme et je souhaite justement profiter de cette période pour me former. Je me suis renseignée sur une formation de quelques mois qui pourrait me permettre de préparer un CAP Vente. Je lui demande donc de me donner rapidement sa réponse afin que je sache si je dois m'inscrire à cette formation.

Elle me recontactera trois jours plus tard. La réponse est positive : elle me propose un mois d'essai.

De mon côté, je prends également mes précautions. Je contacte le centre de formation pour savoir s'il serait possible de rejoindre la formation quelques semaines après son commencement si jamais mon expérience en boucherie ne fonctionnait pas.

.
.

Deux possibilités devant moi...

...et enfin l'impression de reprendre officiellement ma place dans le monde du travail.

Je travaillerai finalement à mi-temps dans la boucherie Munier à Pringy. Au bout de quelques mois, je demande s'il serait éventuellement possible de passer à temps plein. Ma patronne m'explique qu'elle envisage l'ouverture d'un autre magasin à Dammarie les Lys. Cela pourrait donc devenir possible, mais elle n'a aucune date précise à me donner.

Entre-temps, le commerce voisin, Le Cours des Halles Le Panier frais, me propose un temps plein.

Je préviens donc ma patronne que je vais démissionner.

Et là, une petite anecdote me fait encore sourire : j'étais, de mémoire, la deuxième ou la troisième caissière-vendeuse de la boucherie à être sollicitée par ce commerce voisin.

« Je vais finir par aller débaucher aussi ses employés ! »

♦ Le Cours des Halles : une nouvelle étape ♦

Me voilà donc partie pour un emploi à temps plein au Cours des Halles.

Cette expérience prendra fin lorsque le commerce sera repris par un mandataire. Ne souhaitant pas prendre le risque de me retrouver au chômage, je commence rapidement à chercher une nouvelle opportunité.

Et c'est ainsi qu'un nouveau défi va se présenter à moi.

♦ Intermarché : le défi du rayon fruits et légumes ♦

Je découvre une opportunité dans un Intermarché situé à environ quinze kilomètres de chez moi. Le poste proposé est beaucoup plus important que mes précédentes expériences : responsable du rayon fruits et légumes.

Un nouveau défi commence.

Il faut gérer les stocks, passer les commandes, suivre les ventes, tenir le rayon, surveiller les marges et surtout faire en sorte que les produits soient présentés correctement.

Je suis embauchée avec deux mois d'essai.

Au terme de ces deux mois, je n'ai pas encore complètement réussi mon passage. Ma nouvelle patronne, une femme que je surnommerai intérieurement « la main de fer dans un gant de velours », décide pourtant de me donner une nouvelle chance.

Elle me propose deux mois supplémentaires, mais avec une condition : il faut que les chiffres suivent, notamment les marges.

« Je vous ai débauchée, je ne peux pas vous lâcher comme ça. Mais maintenant, il faut me sortir les chiffres ! »

Cette deuxième période d'essai sera finalement la bonne. Je suis définitivement embauchée et je deviens réellement responsable de mon rayon.

♦ Décembre 1994 : une nouvelle page familiale ♦

Dans cette même période, mes souvenirs deviennent plus flous sur les dates exactes.

Je perds ma grand-mère en décembre 1994. Elle est hospitalisée vers la fin du mois et nous sommes appelés pour venir la voir rapidement.

Je ne sais plus aujourd'hui si cet appel a eu lieu le 19 ou le 24 décembre. Deux dates qui ont une résonance particulière dans ma mémoire, puisque le 19 décembre correspond au décès de mon grand-père et le 24 à son enterrement.

Ma grand-mère aura pourtant un dernier sursaut. Puis, le 26 décembre 1994, elle s'éteint à son tour.

Deux grands-parents disparus au mois de décembre, à quelques années d'intervalle...

♦ La succession et notre nouveau chez-nous ♦

Après la disparition de ma grand-mère, une autre page va s'écrire dans notre vie.

Ma grand-mère avait deux enfants : mon père et mon oncle. La succession va permettre de trouver une solution pour nous aider à accéder à la propriété.

L'appartement de ma grand-mère nous est proposé à un prix particulièrement intéressant, afin de nous faciliter son acquisition.

Nous allons donc déménager pour nous installer dans cet appartement qui avait appartenu à mes grand-parents.

.

Un nouveau logement, mais aussi un lieu chargé de souvenirs...

Cette succession ne se fera cependant pas sans quelques tensions.

Les relations entre mon père et mon oncle étaient déjà très distantes depuis des années. Ils ne se voyaient que très rarement. La succession va pourtant raviver certains conflits entre eux.

Pour nous, cette situation représente malgré tout une véritable opportunité : devenir propriétaires et commencer une nouvelle étape de notre vie.

♦ Une nouvelle direction, une autre façon de travailler ♦

Après plusieurs années à construire mon expérience chez Intermarché, ma patronne vend finalement son magasin. Son départ nous touche profondément. Nous sommes plusieurs à avoir les larmes aux yeux en la voyant partir.

Avec elle, c'est aussi une certaine façon de travailler qui disparaît.

Dans son fonctionnement, les fruits et légumes étaient installés dans les colis, avec une certaine quantité et une présentation travaillée. Même lorsque nous avions beaucoup de marchandises, nous cherchions à conserver une certaine harmonie et une certaine symétrie dans le rayon.

Avec le nouveau responsable, la méthode change complètement. Les colis sont davantage vidés en vrac dans les rayons afin de donner immédiatement du volume.

Le problème, c'est que les fruits et légumes sont fragiles. Cette nouvelle façon de faire entraîne davantage de produits abîmés. Il faut alors trier, retirer les produits endommagés, remettre les marchandises correctement et recommencer une partie du travail.

Pour moi, cela représente une perte de temps considérable, alors même que nous entrons dans une période où le temps de travail commence à être réduit.

♦ Des 39 heures aux 35 heures : un nouveau défi ♦

Nous sommes alors dans cette période de transition où le monde du travail passe progressivement des 39 heures aux 35 heures.

Mais de mon côté, mes semaines de travail sont plutôt de l'ordre de 40 à 45 heures.

Entre les commandes, les stocks, la mise en rayon, le tri des produits abîmés, la présentation et les objectifs à tenir, il devient de plus en plus difficile de conserver un rayon impeccable dans le temps qui m'est imparti.

Ce n'est pas seulement une question de quantité de travail. C'est aussi une question de méthode. La façon dont je concevais mon métier ne correspond plus à celle que l'on me demande désormais d'appliquer.

« De garde d'enfants à responsable de rayon, j'aurai finalement construit mon parcours professionnel sans diplôme, mais avec de l'expérience, de la volonté et surtout l'envie de faire mes preuves. »

Voilà où se termine, pour le moment, le chapitre professionnel de mes années 1990.

Une décennie faite de responsabilités, de rencontres, de changements de direction, de nouvelles expériences et de quelques portes qui se sont ouvertes au moment où d'autres se refermaient.

Mais cette décennie n'est pas seulement celle du travail. D'autres souvenirs existent, plus personnels, plus intimes, que je garderai pour une autre période de mon histoire.

♦ Les années 1990 se referment ici... ♦

La suite appartiendra à une nouvelle page de ma vie.

2000 — Un changement de vie pour le bien-être de la famille

« La vie nous réserve parfois des chemins que nous n'avions pas imaginés. »

Une nouvelle vie qui commence

Au début des années 2000, je travaille toujours chez Intermarché. Mon travail m'exaspère et je commence à ressentir une certaine fatigue. Puis un événement inattendu va bouleverser notre quotidien : j'apprends que j'attends notre troisième enfant.

Après quelques jours de réflexion et de vacances, nous devons prendre une décision importante. Nous avons déjà nos deux filles, nées en 1986 et 1987, nous sommes installés professionnellement et nous avons notre appartement. Pourtant, cette nouvelle grossesse va faire naître en moi une autre évidence.

.

Lors de l'échographie, nous apprenons que la grossesse est déjà avancée. Je ressors bouleversée de ce rendez-vous. Une partie de moi est indécise !

Je poursuis finalement ma grossesse et continue mon travail jusqu'à mon congé de maternité. À l'issue de celui-ci, je décide de prendre d'abord mes congés d'été, puis un congé parental.

  • Mon Patron me dit : '' Un an''
  • Et je lui réponds : '' ah non, mes trois ans ''

G..........., une naissance qui change notre quotidien

.
.

Le 10 novembre 2000

Une nouvelle vie de quatre à cinq

Notre fils G..... naît le vendredi 10 novembre 2000. Sa déclaration à l'état civil sera d'ailleurs une aventure à elle seule : le samedi est férié, la mairie est fermée le dimanche et, lorsqu'on s'y présente le lundi, on nous explique que le délai est dépassé.

Pendant plusieurs mois, notre fils n'aura donc pas d'état civil officiellement établi. Un jugement viendra finalement reconnaître officiellement ses parents.

Notre appartement de quatre pièces devient notre nouveau terrain d'organisation familiale. Au début, G.... dort dans le couffn, qui avait été offert par ma belle maman, pour sa plus grande soeur,  il trouve sa place un moment dans berceau qui est notre chambre. Puis vient le moment où nous lui laissons notre chambre : nous déplions chaque soir le canapé du séjour pour y dormir pour la tranquilité de tous…

Le monde change, nous aussi

Le 11 septembre 2001 marque profondément notre famille. Cet événement vient s'ajouter à cette période où notre quotidien commence déjà à changer.

Dormir dans la salle à manger commence à devenir difficile et nous envisageons sérieusement de chercher une maison. Nous voulons davantage d'espace, un jardin et surtout un cadre de vie qui nous corresponde mieux.

Nous élargissons alors nos recherches : le sud de l'Essonne, le nord de la Seine-et-Marne et même quelques secteurs du Loiret. Un critère reste important pour nous : pouvoir rejoindre Paris facilement en train, puisque ma moitié travaille dans le centre de Paris.

Au fil des recherches, nous nous éloignons progressivement de notre secteur. Nous voulons offrir à notre famille un environnement dans lequel nous nous sentirons mieux.

La recherche d'une nouvelle maison

En 2002, nous parcourons différents secteurs. Nous arrivons notamment jusqu'à Varennes-sur-Seine, près de Montereau. Mais les établissements scolaires situés du côté de la ZUP de Montereau ne correspondent pas à ce que nous recherchons pour nos filles.

Un dimanche, nous poussons finalement quelques kilomètres plus loin et arrivons à Sens, dans l'Yonne. La gare, les agences immobilières et, malgré une ville presque endormie ce dimanche-là parce que les commerces sont fermés, quelque chose nous plaît.

.

Nous prenons rendez-vous et, lors d'une seule journée de visites, nous découvrons six maisons aux quatre coins de Sens.

Certaines nous plaisent, d'autres beaucoup moins. Nous avons des critères précis et notamment celui de ne pas vivre à proximité d'une ZUP. Puis vient la dernière maison proposée : un pavillon entretenu, avec juste ce qu'il faut de terrain, sans travaux à prévoir et qui nous rappelle même certaines maisons de la famille.

Pourtant, en repartant, l'agent immobilier nous fait passer à proximité d'une ZUP et nous voyons une voiture brûlée. La maison nous plaît, mais pas son environnement. Nous le lui rappelons : nous avions pourtant précisé nos critères.

C'est alors qu'il sort d'autres fiches de biens qui ne sont pas encore affichés. Une maison retient notre attention.

Un coup de cœur au cœur de l'hiver

.
.

Fin janvier 2003

Une maison qui ne demandait qu'à être découverte

Nous visitons cette nouvelle maison alors que nous sommes à la fin du mois de janvier 2003. Dans le jardin, une grande flaque d'eau gelée ne met pas vraiment le terrain en valeur. Pourtant, malgré cette journée d'hiver, nous avons un véritable coup de cœur.

Nous retournons à l'agence et les choses commencent à se préciser. Nous signons un compromis en sachant que notre appartement n'est pas encore vendu. Des solutions existent, notamment le crédit relais, et nous décidons d'avancer.

Mais depuis plusieurs mois, mon beau-père est malade. Il souffre d'un cancer. Nous ne savons pas encore à quel point cet événement va bouleverser notre projet.

Quand la vie vient bouleverser nos projets

Pendant notre délai de réflexion, mon beau-père décède. Nous décidons alors de nous désister du compromis de la maison. Nous avons d'autres priorités : soutenir ma belle-mère, ne pas la laisser seule et traverser cette période douloureuse en famille.

Notre appartement reste toutefois mis en vente. Et la vie va nous réserver une surprise que nous n'attendions pas. Un agent immobilier nous contacte. Il pense avoir des acheteurs intéressés par un appartement dans notre résidence. Nous signons avec lui la mise en vente et, quelques jours plus tard, il organise une visite.

Le couple visite l'appartement, repart sans vraiment rien laisser paraître… puis l'agent nous rappelle dans la soirée : les visiteurs sont très intéressés et font une proposition. La proposition est inférieure de 30 000 euros au prix que nous souhaitions. Nous acceptons pourtant immédiatement. Il ne faut peut-être pas laisser partir des acheteurs qui, eux aussi, ont peut-être eu un coup de cœur.

Le projet reprend vie

Notre appartement est vendu… mais nous n'avons plus de maison. Il faut donc trouver une solution rapidement, d'autant que nos acquéreurs sont eux-mêmes locataires et doivent pouvoir s'organiser.

Nous reprenons alors contact avec l'agent immobilier de Sens. À notre grande surprise, les vendeurs acceptent de reprendre les négociations.

Une condition est posée : nous n'achèterons la maison qu'à la fin de l'année scolaire, en juin 2003. Nous ne voulons pas bouleverser la fin d'année de nos filles et cette solution permet également à nos acquéreurs de s'organiser pour leur propre logement.

Les compromis reprennent donc leur chemin, avec de part et d'autre les délais légaux et les conditions nécessaires. Pour nous, une autorisation particulière est même prévue : pouvoir accéder au garage de la maison afin d'y stocker nos meubles et nos cartons entre la signature de l'appartement et celle de la maison.

Une drôle de période entre deux maisons

.
.

Entre l'ancien chez-nous et le nouveau

Quelques jours où nous n'étions plus vraiment chez nous… ni encore chez nous

Le camion de déménagement est parti quelques jours avant la signature de l'appartement. De leur côté, nos futurs acquéreurs avaient obtenu l'accès au logement pour effectuer leurs travaux. Nous pensions simplement leur avoir laissé un appartement dans lequel ils pourraient préparer leur arrivée.

Lorsque nous revenons récupérer quelques affaires oubliées dans les placards, nous découvrons un appartement que nous ne reconnaissons plus : les sols n'ont plus de revêtement, la baignoire sert à récupérer les gravats, le bidet et le lavabo ont été cassés, la cuisine est devenue un véritable champ de ruines.

Le choc est immense. Une pensée me traverse : si la vente ne se fait pas, nous nous retrouvons avec un appartement complètement détruit.

Pendant ce temps, nous n'avons accès qu'au garage de notre future maison. Nous sommes donc, pour quelques jours, sans domicile fixe. Ma belle-mère nous accueille chez elle, heureuse de nous avoir auprès d'elle avant que nous ne partions vers une autre région.

Enfin chez nous

Puis arrive enfin le jour de la signature de la maison. Je regarde mon mari et je lui dis que je pars à la maison avec notre fils, même si rien n'est encore installé. Il me demande si je suis sûre. Je lui réponds que oui.  Je resterai seulement deux ou trois jours dans cette maison vide, avec G. Nous y vivons un peu comme en camping : pas de meubles, pas encore de véritable installation, simplement quelques affaires indispensables. Mais après ces quelques jours sans domicile fixe, une sensation prend toute sa place : j'ai enfin ma maison.

Mon chez-moi. Une nouvelle étape de notre vie familiale peut commencer.

♦ 2004 - 2013 ♦

Une nouvelle vie de famille et de nouveaux défis...

« Une maison, une famille qui s'agrandit, une nouvelle vie professionnelle... et des événements qui vont parfois bouleverser tous nos repères. »

♦ Une nouvelle vie dans notre maison ♦

Entre juin 2003 et les premiers mois de 2004, la vie s'organise progressivement dans notre nouvelle maison. Pendant cet été 2003, la canicule est présente et ce que nous voulions faire est remis à plus tard...: papiers peints, peinture, etc... Donc, nous essayons de nettoyer notre jardin, qui souffre de la chaleur, et ne connaissant pas les arbustes etc..., car nous l'avions vu qu'en hiver, ou la végétation est endormie...

Je me souviens de notr mur en pierre, qui était recouvert le lierre d'une épaisseur d'au moins 50cm et sur une longueur de 20m environs ou plus..Nous avons entrepris de le retirer... Je vous laisse imaginer ...entre les tiges, les racines et les insectes....

Chacun trouve sa place et, comme souvent dans une famille, les pièces vont évoluer au fil des années et des besoins de chacun.

Les filles dorment d'abord dans la chambre du rez-de-chaussée. Nous dormons dans la pièce palière à l'étage et G. occupe la grande chambre. Puis, au fil du temps, la pièce du sous-sol va changer de fonction. Elle devient une chambre pour Mélanie, qui ne souhaite plus dormir avec sa sœur. Cette maison va ainsi devenir bien plus qu'un simple lieu de vie : elle va accompagner les différentes étapes de notre famille.

♦ Reprendre le chemin du travail ♦

Après mon congé parental, je dois retrouver une activité professionnelle. J'envoie ma démission à Intermarché quelques mois avant la fin de mon congé, puisque nous n'habitons plus dans la région où je travaillais.

En attendant mes documents et mon solde de tout compte, je prépare mes CV et commence à les distribuer dans les commerces.

Lorsque mes documents arrivent enfin, je m'inscris à Pôle emploi. Les premières démarches ne donnent pas grand-chose, mais je continue à chercher. Je me présente notamment à la Maison rurale de l'agriculture pour un poste de femme de ménage. On me répond que je risque de repartir rapidement vers le commerce.

« Mais monsieur, j'ai besoin d'un salaire. Je viens de m'installer dans la région et j'ai une maison à rembourser. »

♦ Une rencontre qui va changer la suite ♦

Un jour, ma conseillère me propose une annonce pour un poste de vendeuse dans une maison de presse avec un relais France Loisirs.

Je lui réponds que j'ai une bonne culture générale, mais que je n'y connais rien en littérature. Elle me répond, au contraire, que vu mon parcours professionnel, elle pense que je peux faire l'affaire.

Elle présente mon CV, mais les jours passent sans nouvelles. Je finis par lui demander si je peux me présenter directement. Elle me répond affirmativement ; donc je vais me présenter mais, lorsque j'arrive, la place est déjà prise depuis deux jours. Pourtant, je discute, je me présente, je parle de mon parcours et je me valorise. Le patron me dit finalement qu'il garde mon CV « sous le coude », au cas où la personne recrutée ne ferait pas l'affaire.

Deux jours plus tard, alors que nous faisons les courses, Mélanie m'appelle sur mon portable : le monsieur de la presse demande que je le rappelle.

« Vous êtes toujours disponible ? »
« Oui. »
« Eh bien, vous commencez vendredi matin. »

Je signe finalement un CDD de six mois dans cette maison de presse avec relais France Loisirs.

♦ Trouver ma place ♦

Ces six mois seront faits de découvertes, de plaisir, mais aussi de quelques désillusions.

Au fil du temps, je trouve ma place dans l'équipe. Je reste principalement à la presse, mais lorsque ma collègue de France Loisirs s'en va, je deviens polyvalente. Je suis souvent prête à rendre service et à m'adapter. En revanche, lorsqu'il s'agit de demander moi-même un changement ou un service, les choses sont parfois beaucoup moins simples.

Pourtant, avec le temps, une vraie relation professionnelle va se créer avec mon patron, faite de caractère, de discussions, de petites piques et aussi d'une certaine confiance.

♦ Faire confiance ♦

À l'approche de la fin de mon CDD, une erreur dans les retours de presse va compliquer les choses.

Je ne sais plus aujourd'hui si cette erreur vient de moi, de ma collègue ou de nous deux. Mais la responsabilité va finalement retomber sur moi. Mon patron me propose alors de prendre un mois sans salaire, avec la promesse de me faire signer un CDI à la rentrée.

Nous en parlons avec mon époux. Est-ce que je peux lui faire confiance ? Est-ce que cette proposition cache quelque chose ?

Finalement, je prends le risque de lui faire confiance. J'ai toujours eu cette façon de fonctionner : rendre service, faire confiance et penser que, lorsque l'on donne, l'autre donnera à son tour.

♦ Une nouvelle dynamique professionnelle ♦

En 2007 et 2008, un nouveau changement se prépare. La Maison de la Presse est vendue. Ce n'est pas une reprise : le commerce va disparaître pour laisser place à une autre enseigne.

Nous sommes trois salariées. Il nous est proposé soit de partir pour entreprendre une reconversion avec une partie de notre salaire, soit de rester jusqu'à la fermeture en conservant notre rémunération. Je choisis de rester.

En avril 2008, le relais France Loisirs est transféré dans un nouveau local à Sens. Notre jeune responsable apporte une dynamique nouvelle. Nous formons une équipe motivée et nous nous prenons au jeu des défis, car une nouvelle façon de travailler se met en place : objectifs, concours et classements deviennent une véritable partie de notre quotidien professionnel.

Nos efforts sont récompensés : nous terminons deuxièmes du classement sur environ 200 boutiques. Et pourtant, lorsque nous étions encore avec mon ancien patron, nous étions largement à la traîne, car le classement ne l'intéressait pas vraiment.

Cette deuxième place nous permet de partir en voyage-séminaire à Hammamet en 2009.

Les années suivantes seront moins lumineuses. Les changements de responsables vont progressivement modifier l'ambiance et la dynamique de l'équipe. Jusqu'au jour où, après toutes ces années passées dans l'entreprise, je serai licenciée avec effet immédiat.

Je quitterai cette boutique sans vraiment comprendre comment ce qui avait été accepté et pratiqué pendant des années avait pu se retourner contre moi. Ce sera la fin brutale d'une longue aventure professionnelle.

 

♦ Une famille qui grandit et se transforme ♦

2004 – 2013 : des enfants qui grandissent, des vies qui se construisent… et une maison toujours ouverte

« Les enfants grandissent, partent, reviennent, construisent leur propre chemin… mais la maison reste leur maison. »

♦ Une maison qui évolue avec nous ♦

En 2004, notre vie familiale s'organise peu à peu dans cette maison où nous sommes toujours aujourd'hui. Les enfants grandissent et, avec eux, notre manière de vivre ensemble évolue.

Les chambres changent de fonction, les habitudes se transforment et chacun commence progressivement à construire son propre chemin. Certains prennent leur indépendance, d'autres reviennent pour un temps. La maison reste pourtant un point de repère.

Pendant que ma vie professionnelle suit son propre parcours, ma vie familiale connaît elle aussi de nombreux changements. Je découvre peu à peu une nouvelle étape de ma vie : celle où mes enfants deviennent adultes et où je dois apprendre à les accompagner sans pouvoir choisir à leur place.

♦ Les enfants grandissent ♦

Au fil de ces années, chacun de mes enfants avance dans sa vie. Mélanie devient progressivement indépendante et entre dans la vie professionnelle. Lauriane devient maman et doit elle aussi apprendre à construire sa propre vie avec son enfant.

Ces événements bouleversent naturellement notre organisation familiale. Une nouvelle génération fait son apparition et la maison accueille désormais aussi les petits-enfants. Je découvre alors ce nouveau rôle de grand-mère, avec tout ce qu'il apporte de bonheur, de responsabilités et de nouvelles habitudes.

♦ Des départs, des retours et une maison toujours ouverte ♦

Cette période est également faite de départs et de retours. Mes enfants cherchent leur équilibre, connaissent leurs propres expériences et font parfois des choix qui ne sont pas ceux que j'aurais imaginés pour eux. J'apprends alors qu'être mère, ce n'est pas seulement protéger. C'est aussi conseiller, soutenir, parfois dire non, mais surtout accepter que chacun construise sa propre histoire.

La maison reste malgré tout un refuge et un point de retour. Même lorsque les chemins deviennent plus compliqués, mes enfants savent qu'ils peuvent revenir.

« Je ne pouvais pas vivre leur vie à leur place. Je pouvais simplement leur laisser une porte ouverte. »

♦ Une famille qui s'agrandit ♦

Entre 2004 et 2013, notre famille s'est profondément transformée. Les enfants ont grandi, certains sont devenus parents à leur tour et plusieurs petits-enfants sont venus agrandir la famille. Notre maison s'est adaptée à toutes ces évolutions. Elle a connu les départs, les retours, les naissances, les changements et les moments plus difficiles. Pour moi, cette décennie représente avant tout une période où j'ai beaucoup donné à ma famille, tout en continuant parallèlement à chercher ma propre voie professionnelle.

♦ Et moi, au milieu de tout cela ♦

Ces années ont forcément influencé la femme que je suis devenue. J'ai appris à accompagner les autres, à chercher des solutions, à m'adapter aux situations et à continuer malgré les imprévus. Lorsque j'arrive en 2013, une nouvelle étape de ma vie va commencer. Je suis alors au chômage et une idée commence à prendre de plus en plus de place dans mon esprit : créer quelque chose qui me ressemble.

Je ne le sais pas encore, mais cette réflexion va m'amener vers une aventure totalement différente : celle de mon commerce, de mon salon de thé, des livres et des rencontres avec les auteurs.

« La maison avait toujours été un endroit où les autres pouvaient revenir. En 2013, j'allais commencer à chercher, moi aussi, l'endroit où je pourrais construire quelque chose qui m'appartienne. »
Sources et pistes de recherche :
Souvenirs personnels et familiaux de la période 2004–2013.
Les détails concernant la vie privée des enfants sont volontairement conservés en dehors de cette version des mémoires.

 

♦ 2013 – 2016 : De l'idée au commerce ♦

Une nouvelle étape dans ma vie professionnelle, entre projet, rencontres et découverte de l'entrepreneuriat...

« Rien n'est jamais figé. Un projet peut évoluer, se transformer et prendre une autre forme sans perdre l'idée qui lui a donné naissance. »

♦ 2013 — Donner vie à une idée ♦

En avril 2013, je suis licenciée de France Loisirs. Nous ne sommes plus que trois à la maison : Gwen, mon mari et moi. Je me retrouve une nouvelle fois au chômage et, cette fois, je décide de réfléchir sérieusement à la suite de mon parcours professionnel.

Pendant mes derniers mois chez France Loisirs, certaines idées avaient commencé à germer autour des rencontres avec les auteurs et des dédicaces. Après mon licenciement, elles prennent une autre forme : pourquoi ne pas créer moi-même un lieu où l'on pourrait boire un café ou un thé, découvrir des livres, les lire, rencontrer des auteurs et simplement prendre le temps de s'arrêter ?

Mon premier projet est assez ambitieux : un bar à salades associé à un salon de thé et à un espace consacré aux livres. Je commence alors à construire ce projet, accompagnée par des personnes compétentes, mais aussi par mes amis rencontrés grâce aux blogs, avec lesquels je partage mes idées, mes réflexions et mes doutes.

Je visite des locaux, demande des devis, réfléchis au financement et présente mon projet à ma banque. Le prêt est finalement refusé, notamment en raison de notre situation financière personnelle.

Mais ma conseillère professionnelle me propose une autre solution : plutôt que d'acheter un fonds de commerce, pourquoi ne pas louer un local et réduire les investissements ? Elle me conseille également d'abandonner la partie bar à salades, trop coûteuse en équipement.

Le projet évolue donc. Il devient un salon de thé autour des livres, avec l'envie d'y créer également un espace de rencontres.

À la fin du mois de novembre 2013, je loue finalement mon premier local. Je consacre le mois de décembre à son installation et, petit à petit, le lieu prend forme avec du mobilier d'occasion, des meubles chinés et du matériel récupéré auprès de commerces qui ferment.

♦ 2014 — Le salon de thé prend vie : « Le Paus'Lecture » ♦

Le 6 janvier 2014, Le Paus'Lecture ouvre ses portes. Le projet imaginé quelques mois auparavant devient alors une véritable activité professionnelle.

Le lieu réunit plusieurs univers : les livres, la carterie, le salon de thé et surtout l'envie de faire de cet endroit un espace de rencontres.

Très rapidement, les rencontres avec les auteurs deviennent l'une des particularités du lieu. Une première auteure vient en janvier, puis les rencontres se multiplient. À partir du printemps, j'arrive à organiser régulièrement des dédicaces, parfois chaque samedi. Je souhaite avant tout donner une place aux auteurs que l'on ne retrouve pas forcément dans les librairies traditionnelles : des auteurs locaux, régionaux, autoédités ou encore peu connus du grand public.

Le salon de thé évolue lui aussi au fil des mois. Je propose du café, du thé, du chocolat et des boissons fraîches. Avec les beaux jours arrivent les fruits frais et les smoothies, puis je découvre le bubble tea. Je cherche également à répondre aux demandes de petite restauration avec des sandwichs et quelques gourmandises. L'aménagement du commerce continue parallèlement, au fil des occasions, des brocantes, des fermetures de commerces et du matériel d'occasion que je peux récupérer.

En quelques mois, le Paus'Lecture devient donc bien davantage qu'un simple salon de thé : c'est un lieu où se croisent lecteurs, auteurs, clients, commerçants et personnes venues simplement prendre un café ou découvrir l'endroit.

À la fin de l'année 2014, je franchis une nouvelle étape en organisant mon premier salon du livre.

Quarante-cinq auteurs, dont douze Sénonais, ainsi que cinq maisons d'édition sont attendus pour cette première édition. Cette manifestation correspond parfaitement à l'idée qui avait accompagné la création du Paus'Lecture : permettre au public de rencontrer des auteurs parfois peu connus et de découvrir des univers littéraires différents.

Le salon est une belle réussite et les participants sont heureux de cette expérience. Beaucoup sont prêts à revenir.

Cette première année est donc riche en rencontres et en découvertes. Le commerce fonctionne suffisamment pour payer le loyer, les charges et les achats, mais je ne parviens pas encore à en dégager un véritable salaire.

♦ 2015 — Une nouvelle dynamique ♦

En 2015, je continue à faire évoluer le commerce, mais les difficultés deviennent plus importantes.

La rue piétonne dans laquelle je suis installée perd progressivement de son dynamisme. Je décide alors d'essayer de faire entendre la voix des commerçants et je lance une pétition autour de la Grande Rue :

« Madame Fort, sauvez la Grande Rue. »

J'adresse également des courriers aux représentants politiques de l'époque et rencontre différents interlocuteurs afin d'essayer de trouver des solutions pour redonner de la vie au secteur.

Cette période me conduit également à réfléchir à la création d'une association. L'idée est de pouvoir organiser plus facilement des manifestations et notamment les salons du livre, tout en bénéficiant de conditions plus favorables pour la location des salles dans les différentes communes où nous organiserons nos manifestations, dans l'Yonne comme en Seine-et-Marne.

C'est ainsi que naît en 2015

l'association Les Mots Sen[s] Volent.

Je poursuis parallèlement les rencontres avec les auteurs et prépare un nouveau salon du livre, en souhaitant l'ouvrir à davantage de participants.

Mais malgré toute cette énergie, la situation financière du commerce devient de plus en plus difficile. Les charges, la comptabilité et les différentes dépenses liées à l'activité pèsent de plus en plus lourd. Je décide alors de changer de local afin d'essayer de poursuivre l'aventure autrement.

Après le salon de l'automne 2015, nous déménageons vers un espace plus petit et de plain-pied. Tout ne peut évidemment pas être installé dans ce nouveau lieu et une partie du mobilier et du matériel reste à notre domicile.

♦ Novembre 2015 — Un nouveau départ sans inauguration ♦

J'avais prévu d'inaugurer mon nouveau local le 15 novembre 2015. Mais le 13 novembre, les attentats de Paris, notamment ceux du Bataclan, bouleversent profondément le pays.

Dans ce contexte, je ne me vois pas organiser une inauguration festive. J'ouvre donc simplement, sans grande annonce ni célébration.

Ce nouveau lieu commence ainsi son existence dans une atmosphère bien particulière.

♦ 2016 — Quand il faut accepter de fermer ♦

Pendant les premiers mois de 2016, je continue malgré tout à faire vivre le lieu. Je reçois encore quelques auteurs, j'organise un petit salon avec quelques participants et même quelques concerts.

Mais ce nouveau local ne fait qu'environ vingt mètres carrés. L'espace intérieur est très limité et, lorsque le temps le permet, je dois utiliser la terrasse pour pouvoir accueillir davantage de monde.

Nous finirons même par surnommer cet endroit « la place aux quatre vents ». Je ne connaissais pas encore cette particularité lorsque j'avais choisi ce local. Dès que le vent se lève, les tables, les bars et les portants deviennent difficiles à maintenir en place.

Pendant ce temps, les recettes diminuent encore alors que les charges continuent de tomber. La situation devient de plus en plus difficile à gérer.

Les factures s'accumulent et je comprends progressivement que je ne pourrai plus continuer ainsi. Un jour, un agent d'EDF vient me prévenir qu'il va couper l'électricité si je ne règle pas ma facture. Je lui explique que s'il me coupe l'électricité, je ne pourrai plus travailler et donc plus rentrer de recettes pour payer mes factures. Je me décide alors à demander de l'aide à ma voisine commerçante, qui accepte de m'avancer le montant de ma facture. Je lui promets de la rembourser rapidement.

Puis vient une autre journée qui restera gravée dans ma mémoire. Un de mes portants de cartes est emporté par le vent, traverse une rue transversale et atterrit sur la chaussée de la rue principale. Je pars récupérer mes cartes. D'autres personnes m'aident à les ramasser et me les rapportent.

Je reviens à ma boutique, je m'assieds sur les marches de l'entrée et je craque.

« Je ne peux plus continuer ainsi. »

♦ La dernière page ♦

J'appelle alors mon comptable. Je lui explique la situation et lui demande quelles solutions sont encore possibles. Je lui propose finalement de fermer dans un mois, avec l'accord de mon propriétaire.

Après plusieurs années d'investissement, de rencontres, de découvertes, d'essais et de transformations, je dois accepter de mettre fin à cette aventure commerciale.

« 31 mai 2016 — Une dernière page »

Le 31 mai 2016, je ferme définitivement mon commerce.

Pourtant, jusqu'au dernier jour, une dernière rencontre viendra écrire la dernière ligne de cette histoire. Une auteure, envoyée par ma conseillère, viendra faire une dernière dédicace le jour même de ma fermeture.

« Une dernière auteure, un dernier livre, une dernière rencontre...
Et puis je baisse le rideau. »

♦ Ce qui reste après la fermeture ♦

Après la fermeture, une autre étape commence : celle du démontage et du tri de tout ce qui a constitué mon commerce pendant ces quelques années. Je vais vendre ce qui peut encore l'être : ma vitrine à boissons, ma vitrine réfrigérée, les petites tables de terrasse et, finalement, tout ce qui peut trouver preneur.

Certains meubles seront donnés plutôt que jetés. D'autres trouveront leur place dans notre maison, soit à l'intérieur ou l'exterieur. Une partie du matériel restera également avec moi, notamment une partie de la verrerie et les petits matériels utiles en cuisine.

Petit à petit, les objets qui avaient fait partie de mon commerce prennent donc d'autres chemins. Comme le commerce lui-même, ils changent de vie.

♦ Une page se tourne... mais l'histoire continue ♦

Cette aventure se termine, mais elle ne disparaît pas. Elle m'a appris à entreprendre, à comprendre ce que signifie gérer un commerce, à expérimenter, à m'adapter et surtout à comprendre l'importance des rencontres et du lien entre les personnes.

J'y ai rencontré des auteurs, des lecteurs, des clients, des commerçants et de nombreuses personnes qui, chacun à leur manière, auront participé à cette histoire.

Le salon de thé ferme ses portes, mais tout ce que cette aventure m'a appris reste en moi. Je ne le sais pas encore, mais une nouvelle période va bientôt commencer.

Une période faite de nouvelles rencontres, de vente à domicile, de salons, d'artisans et de créateurs...

Une autre façon de créer du lien va peu à peu se dessiner.

« Une page se tourne... mais l'histoire, elle, continue de s'écrire autrement. »
Sources et pistes de recherche :

Souvenirs personnels et archives de Lydia / MevLy.
Archives du commerce et documents professionnels de la période 2013–2016.
Archives relatives aux dédicaces, salons et animations organisés pendant cette période.
Article de L'Yonne, 11 décembre 2014 : « La boutique sénonaise le Paus'lecture rassemblera 45 auteurs pour son premier salon ».
Article de L'Yonne : « L'ivresse de lire de Lydia Mevel », concernant notamment l'association Les Mots [S]ens Volent et son développement après la fermeture du commerce.
Archives concernant la pétition « Madame Fort, sauvez la Grande Rue » et les démarches auprès des élus.
Archives relatives à l'association Les Mots [S]ens Volent, créée en 2015.
Souvenirs personnels concernant le changement de local, le mobilier conservé, vendu ou donné après la fermeture.
Certains détails de dates et d'achats de mobilier restent à préciser à partir des archives.

♦ 2016 – 2020 : Se réinventer après le Paus'Lecture ♦

« Fermer une porte ne signifie pas que l'on cesse d'avancer. Parfois, il faut simplement accepter de chercher une autre façon de poursuivre son chemin. »

♦ 2016 — Après le Paus'Lecture ♦

Le 31 mai 2016, je ferme définitivement les portes du Paus'Lecture. Après plusieurs années consacrées à ce commerce, cette fermeture marque une véritable rupture dans mon parcours. Il faut maintenant tourner la page, ranger, trier, vendre ou donner ce qui peut encore l'être et surtout réfléchir à ce que je vais faire ensuite.

Je ne sais pas encore exactement quelle direction prendre. Une chose est certaine : je n'ai pas envie de rester sans activité. J'ai besoin de travailler, de rencontrer du monde et de retrouver cette dynamique qui avait accompagné les années du Paus'Lecture.

Cette période devient donc une véritable remise en question. Je dois accepter que mon projet professionnel ne prendra plus la forme d'une boutique.

♦ 2016 – 2020 : De nouveaux chemins ♦

De nouvelles expériences, de nouvelles rencontres...Une autre façon de travailler commence à se dessiner.

Je me tourne vers la vente à domicile. Cette nouvelle expérience est très différente de celle que je viens de vivre : je n'ai plus de local à gérer et je vais directement à la rencontre des personnes. Le VDI me permet de découvrir une autre organisation professionnelle, d'apprendre à travailler autrement, à présenter mes produits et à créer mon propre réseau.

Mais après avoir rejoint successivement deux sociétés de vente à domicile, je m'aperçois que ce système ne me correspond pas vraiment. Le principe d'aller chez les personnes pour leur présenter et leur proposer des produits me met mal à l'aise. J'ai le sentiment d'être dans une démarche trop proche du forcing commercial, et ce n'est pas la manière dont j'ai envie de travailler.

Très vite, les salons et les manifestations reprennent alors une place importante dans mon quotidien. J'y retrouve ce qui me manque depuis la fermeture du Paus'Lecture : le contact avec le public, les échanges, les rencontres et cette effervescence autour d'un événement que l'on prépare et que l'on fait vivre.

Au fil des manifestations, je découvre également d'autres exposants, des artisans, des créateurs, des indépendants et des passionnés. Je prends plaisir à découvrir leurs univers, leurs savoir-faire et leurs façons de travailler. Ces rencontres vont progressivement m'amener à regarder mon activité autrement.

♦ Le retour vers les salons et les rencontres ♦

Les liens créés au fil de ces événements et les echanges de mon passé par si lointain,  donnent envie de remettre en mouvement mon association, Les Mots Sen[s] Volent, qui était restée en sommeil. Je retrouve ainsi une activité que j'avais déjà connue avec le Paus'Lecture : celle d'organisatrice de salons et de manifestations.

Cette fois, je ne suis plus commerçante derrière une boutique. Je peux imaginer un événement, rechercher un lieu, réunir des exposants et créer des rencontres entre différents univers. Je contribue à créer un espace où chacun peut venir présenter son activité et faire vivre son propre univers. Les salons ne sont alors plus seulement des lieux où je viens vendre ou présenter quelque chose. Ils deviennent pour moi des lieux de rencontres, d'échanges, de découvertes et de possibilités.

♦ Une nouvelle dynamique : les salons et la boutique associative ♦

Toutes ces rencontres vont progressivement modifier ma manière de voir mon activité et faire naître de nouvelles envies. Entre nos échanges, L'idée d'une boutique associative ou collective commence alors à prendre forme. Cette fois, il ne s'agit plus de recréer seule un commerce. Cette expérience me permet une nouvelle fois de travailler autrement. Je découvre ce que signifie partager un lieu, s'organiser à plusieurs, faire connaître les activités de chacun et construire quelque chose ensemble. Comme les salons, cette boutique m'apporte de nouvelles rencontres, de nouveaux apprentissages et, une fois encore, des remises en question.

La boutique associative va ainsi devenir une nouvelle expérience dans mon parcours.

Puis arrive 2020.

Le Covid met brutalement cette boutique associative à l'arrêt. Cette fois, nous sommes tous concernés par cette fermeture forcée par la pandémie. Nous étions ouverts depuis seulement quelques mois et nous commencions pourtant à avancer : nous réfléchissions à proposer un site, une boutique en ligne, et les premiers retours étaient plutôt prometteurs. Nous avancions ensemble, en tenant compte des idées et de l'avis de chacun. Mais le confinement aura finalement raison de cette dynamique. À la réouverture, nous ne sommes plus qu'un petit nombre d'exposants, et cela ne suffit plus pour permettre à la boutique de continuer dans de bonnes conditions.

Nous prenons alors, d'un commun accord entre les derniers exposants et la propriétaire, la décision de ne pas renouveler notre bail de six mois. Il était préférable de s'arrêter là plutôt que de continuer et de risquer de mettre chacun en difficulté. Ayant déjà connu les difficultés financières liées à mon propre commerce, je sais à quel point il est important de savoir aussi prendre cette décision avant qu'il ne soit trop tard.

Cette nouvelle fermeture marque donc une nouvelle étape dans mon parcours. Mais, contrairement au Paus'Lecture, cette fois, quelque chose est différent : je n'ai pas seulement perdu un lieu ou une activité. J'ai appris à travailler avec d'autres, à construire un projet collectif et à comprendre que l'on peut créer quelque chose sans forcément en être seule responsable.

« Je ne savais pas encore où ce nouveau chemin allait me conduire. Mais chaque rencontre, chaque expérience et chaque détour allait finalement avoir son importance. »

♦ 2020 — Ce confinement, se découvrir et se recentrer autrement ♦

Pour la première fois depuis longtemps, je peux prendre du temps pour moi, ma famille après toutes ses années,  De repenser à toutes ces expériences et de mieux comprendre qui je suis, ce qui me plaît et ce qui me correspond réellement.

C'est aussi à cette période que je commence à remarquer certaines choses que je fais naturellement, sans vraiment leur accorder d'importance. Des idées, des petites créations, une façon d'imaginer ou de transformer les choses… Des capacités que d'autres avaient peut-être déjà remarquées autour du Paus'Lecture, mais que je n'avais jamais considérées comme de véritables talents.

Le confinement va me donner le temps de les explorer davantage. Sans la boutique associative et  sans toutes ces sollicitations extérieures, je peux expérimenter, essayer et laisser mes idées prendre un peu plus de place. Peu à peu, je découvre que j'aime créer, que j'en suis capable et que cette créativité peut peut-être prendre une place dans ma vie.

Une voie qui, progressivement, me conduira vers ce qui deviendra

MevLy Créations.

« Je ne savais pas encore où ce nouveau chemin allait me conduire. Mais chaque rencontre, chaque expérience et chaque détour allait finalement avoir son importance. »

♦ 2016 – 2020 : Se réinventer après le Paus'Lecture ♦

« Fermer une porte ne signifie pas que l'on cesse d'avancer. Parfois, il faut simplement accepter de chercher une autre façon de poursuivre son chemin. »

♦ 2016 — Après le Paus'Lecture ♦

Le 31 mai 2016, je ferme définitivement les portes du Paus'Lecture. Après plusieurs années consacrées à ce commerce, cette fermeture marque une véritable rupture dans mon parcours. Il faut maintenant tourner la page, ranger, trier, vendre ou donner ce qui peut encore l'être et surtout réfléchir à ce que je vais faire ensuite.

Je ne sais pas encore exactement quelle direction prendre. Une chose est certaine : je n'ai pas envie de rester sans activité. J'ai besoin de travailler, de rencontrer du monde et de retrouver cette dynamique qui avait accompagné les années du Paus'Lecture.

Cette période devient donc une véritable remise en question. Je dois accepter que mon projet professionnel ne prendra plus la forme d'une boutique.

♦ 2016 – 2020 : De nouveaux chemins ♦

De nouvelles expériences, de nouvelles rencontres... Une autre façon de travailler commence à se dessiner.

Je me tourne vers la vente à domicile. Cette nouvelle expérience est très différente de celle que je viens de vivre : je n'ai plus de local à gérer et je vais directement à la rencontre des personnes. Le VDI me permet de découvrir une autre organisation professionnelle, d'apprendre à travailler autrement, à présenter mes produits et à créer mon propre réseau.

Mais après avoir rejoint successivement deux sociétés de vente à domicile, je m'aperçois que ce système ne me correspond pas vraiment. Le principe d'aller chez les personnes pour leur présenter et leur proposer des produits me met mal à l'aise. J'ai le sentiment d'être dans une démarche trop proche du forcing commercial, et ce n'est pas la manière dont j'ai envie de travailler.

Très vite, les salons et les manifestations reprennent alors une place importante dans mon quotidien. J'y retrouve ce qui me manque depuis la fermeture du Paus'Lecture : le contact avec le public, les échanges, les rencontres et cette effervescence autour d'un événement que l'on prépare et que l'on fait vivre.

Au fil des manifestations, je découvre également d'autres exposants, des artisans, des créateurs, des indépendants et des passionnés. Je prends plaisir à découvrir leurs univers, leurs savoir-faire et leurs façons de travailler. Ces rencontres vont progressivement m'amener à regarder mon activité autrement.

♦ Le retour vers les salons et les rencontres ♦

Les liens créés au fil de ces événements et les échanges de mon passé pas si lointain donnent envie de remettre en mouvement mon association, Les Mots Sen[s] Volent, qui était restée en sommeil. Je retrouve ainsi une activité que j'avais déjà connue avec le Paus'Lecture : celle d'organisatrice de salons et de manifestations.

Cette fois, je ne suis plus commerçante derrière une boutique. Je peux imaginer un événement, rechercher un lieu, réunir des exposants et créer des rencontres entre différents univers. Je contribue à créer un espace où chacun peut venir présenter son activité et faire vivre son propre univers. Les salons ne sont alors plus seulement des lieux où je viens vendre ou présenter quelque chose. Ils deviennent pour moi des lieux de rencontres, d'échanges, de découvertes et de possibilités.

♦ Une nouvelle dynamique : les salons et la boutique associative ♦

Toutes ces rencontres vont progressivement modifier ma manière de voir mon activité et faire naître de nouvelles envies. Entre nos échanges, l'idée d'une boutique associative ou collective commence alors à prendre forme. Cette fois, il ne s'agit plus de recréer seule un commerce. Cette expérience me permet une nouvelle fois de travailler autrement. Je découvre ce que signifie partager un lieu, s'organiser à plusieurs, faire connaître les activités de chacun et construire quelque chose ensemble. Comme les salons, cette boutique m'apporte de nouvelles rencontres, de nouveaux apprentissages et, une fois encore, des remises en question.

La boutique associative va ainsi devenir une nouvelle expérience dans mon parcours.

Puis arrive 2020.

Le Covid met brutalement cette boutique associative à l'arrêt. Cette fois, nous sommes tous concernés par cette fermeture forcée par la pandémie. Nous étions ouverts depuis seulement quelques mois et nous commencions pourtant à avancer : nous réfléchissions à proposer un site, une boutique en ligne, et les premiers retours étaient plutôt prometteurs. Nous avancions ensemble, en tenant compte des idées et de l'avis de chacun. Mais le confinement aura finalement raison de cette dynamique. À la réouverture, nous ne sommes plus qu'un petit nombre d'exposants, et cela ne suffit plus pour permettre à la boutique de continuer dans de bonnes conditions.

Nous prenons alors, d'un commun accord entre les derniers exposants et la propriétaire, la décision de ne pas renouveler notre bail de six mois. Il était préférable de s'arrêter là plutôt que de continuer et de risquer de mettre chacun en difficulté. Ayant déjà connu les difficultés financières liées à mon propre commerce, je sais à quel point il est important de savoir aussi prendre cette décision avant qu'il ne soit trop tard.

Cette nouvelle fermeture marque donc une nouvelle étape dans mon parcours. Mais, contrairement au Paus'Lecture, cette fois, quelque chose est différent : je n'ai pas seulement perdu un lieu ou une activité. J'ai appris à travailler avec d'autres, à construire un projet collectif et à comprendre que l'on peut créer quelque chose sans forcément en être seule responsable.

♦ 2020 — Ce confinement, se découvrir et se recentrer autrement ♦

Pour la première fois depuis longtemps, je peux prendre du temps pour moi, pour ma famille après toutes ces années, de repenser à toutes ces expériences et de mieux comprendre qui je suis, ce qui me plaît et ce qui me correspond réellement.

C'est aussi à cette période que je commence à remarquer certaines choses que je fais naturellement, sans vraiment leur accorder d'importance. Des idées, des petites créations, une façon d'imaginer ou de transformer les choses… Des capacités que d'autres avaient peut-être déjà remarquées autour du Paus'Lecture, mais que je n'avais jamais considérées comme de véritables talents.

Le confinement va me donner le temps de les explorer davantage. Sans la boutique associative et sans toutes ces sollicitations extérieures, je peux expérimenter, essayer et laisser mes idées prendre un peu plus de place. Peu à peu, je découvre que j'aime créer, que j'en suis capable et que cette créativité peut peut-être prendre une place dans ma vie.

Une voie qui, progressivement, me conduira vers ce qui deviendra

MevLy Créations.

« Je ne savais pas encore où ce nouveau chemin allait me conduire. Mais chaque rencontre, chaque expérience et chaque détour allait finalement avoir son importance. »

♦ Conclusion ♦

Quand je regarde aujourd’hui le chemin parcouru, je comprends que rien n’est arrivé par hasard.

♦ Ma vie, mon éducation... ♦

Mon enfance, mon éducation, mon adolescence, mes premières expériences, ma vie d’adulte, mes métiers, mes rencontres, mes passions, mes projets, mes réussites comme mes difficultés… tout a participé à construire la personne que je suis devenue.

Il y a eu des périodes où je pensais simplement avancer d’une étape à l’autre, sans imaginer que toutes ces expériences finiraient un jour par se rejoindre. Certaines m’ont appris, d’autres m’ont bousculée, certaines m’ont donné confiance et d’autres m’ont obligée à recommencer.

Avec le recul, je découvre que chacune avait sa place.

♦ Ma vie a fait ce que je suis devenue ♦

Elle m’a transmis des valeurs, des savoir-faire, une curiosité, le goût des rencontres, l’envie de partager et cette capacité à chercher une nouvelle voie lorsque celle que j’empruntais ne me correspondait plus.

Et quelque part, au fil de toutes ces années, il y avait aussi une part de créativité que je ne savais pas encore reconnaître. Peut-être que certaines personnes l’avaient déjà aperçue avant moi. Il aura simplement fallu du temps, des expériences et des détours pour que je puisse enfin la découvrir à mon tour.

♦ MevLy Créations n’est donc pas une histoire qui commence un jour précis. Elle est le prolongement de tout ce que j’ai vécu avant. ♦

Les créations que je réalise aujourd’hui portent, chacune à leur manière, un petit morceau de ce parcours : les souvenirs, les rencontres, les apprentissages, les émotions, les découvertes et toutes ces vies qui ont construit la mienne.

Cette biographie raconte le chemin qui m’a menée jusqu’ici. Mais derrière ce chemin se cache une histoire beaucoup plus personnelle : celle de la créatrice qui, sans le savoir, se préparait depuis longtemps à prendre enfin sa place.

✦ Pour poursuivre cette histoire…

Si cette biographie vous a permis de découvrir la femme derrière MevLy, ma première mémoire vous emmène un peu plus loin, dans les coulisses de cette transformation et dans cette histoire de mille vies qui ont peu à peu préparé l’arrivée de la créatrice.

Mémoire #1 — De mes mille vies à la plume retrouvée
L’histoire derrière MevLy : quand les coulisses préparent l’avenir

✦ Découvrir la Mémoire #1 ✦

Sources et pistes de recherche :
[Liste des références, documents d’archives ou souvenirs utilisés pour cette section]
Plume MevLy

Merci pour cette exploration

Vous venez de parcourir un chemin entre créations personnelles,

inspirations artistiques et univers extérieurs qui nourrissent ce monde.

Chaque découverte est une passerelle entre imagination, rencontres et souvenirs.

✍ Laisser un mot sur ce voyage

Paperolle Darn Lec'h All Carnet de Vie Histoire MevLy Parcours créatif Résilience Transformation Art du papier Inspiration personnelle Créatrices/ Créateurs

Questions / Réponses

Aucune question. Soyez le premier à poser une question.
Anti-spam
Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam